France

«J'ai mûrement réfléchi» : Agnès Buzyn confirme sa candidature à la mairie de Paris

Agnès Buzyn (LREM) a confirmé le 26 mai sa candidature à la mairie de Paris pour les municipales, après plusieurs jours de silence. Ses probabilités de remporter la capitale se sont toutefois nettement affaiblies depuis le premier tour le 15 mars.

L'ancienne ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a mis fin au suspense, le 26 mai, en annonçant qu'elle restait bien la candidate de LREM aux municipales à Paris, dix semaines après un premier tour qu'elle avait qualifié de «mascarade».

«Je suis pleinement engagée, déterminée à terminer cette campagne. On y va !», a lancé la candidate à la mairie de Paris aux têtes de liste des arrondissements de la capitale et à son équipe de campagne, réunis en visioconférence, a appris l'AFP auprès de participants.

J'ai mûrement réfléchi à la manière dont je pouvais mener cette campagne dans des circonstances exceptionnelles, politiques et personnelles

«Oui elle a hésité», selon Gaspard Gantzer

Une mise au clair appréciée à un mois du second tour le 28 juin, alors que des doutes persistaient ces derniers jours, face au silence de la candidate et après le report à la dernière minute de plusieurs réunions prévues le 26 mai au matin.

«J'ai mûrement réfléchi à la manière dont je pouvais mener cette campagne dans des circonstances exceptionnelles, politiques et personnelles», a expliqué la candidate du groupe LREM, assurant avoir «beaucoup travaillé sur le dispositif pour nous permettre d'y aller la tête haute, tenir, trouver les ressources en [elle]».

En effet, une précédente réunion, la semaine dernière, avait déconcerté les colistiers. Agnès Buzyn, qui a repris du service à l'hôpital pendant la crise du coronavirus, avait alors «dit à tout le monde que chacun pouvait faire sa campagne dans son arrondissement et qu'elle comprenait si certains ne voulaient pas mettre sa photo sur les affiches», selon plusieurs participants cités par l'AFP.

A la fin, «je ne savais pas si elle était candidate», a résumé, désarçonnée, une participante auprès de l'AFP. «Je croirai qu'elle est candidate quand j'aurai une dépêche avec une citation d'Agnès Buzyn dans laquelle, elle dit qu'elle est candidate», a souligné un autre colistier.

Ces derniers jours, plusieurs ont douté publiquement du maintien de la candidature d'Agnès Buzyn, à l'instar du dissident congédié de LREM Cédric Villani, qui s'est dit «ouvert à la discussion» avec son ancien parti. Le 26 mai, des proches du mathématicien médaillé Fields espéraient entamer des discussions avec l'équipe de l'ancienne ministre des Solidarités et de la Santé en vue d'alliance de second tour.

«Oui, elle a hésité», a également admis le 26 mai Gaspard Gantzer, tête de liste LREM dans le VIe arrondissement, «mais maintenant je la sens extrêmement déterminée».

Face aux incertitudes, certains candidats sont toutefois tentés de quitter le navire : dans le Ve arrondissement, Florence Berthout, qui s'était ralliée à l'ancien candidat Benjamin Griveaux, envisage désormais de s'allier à son ancienne famille politique, Les Républicains (LR), d'après les propos rapportés par l'AFP de plusieurs élus.  

La barre paraît plus haute que jamais dans la capitale pour LREM, qui avait pourtant placé en tête le candidat Macron en 2017, puis sa liste aux Européennes de mai 2019.

Agnès Buzyn, arrivée troisième du premier tour le 15 mars avec 17,3% des voix, loin derrière la maire PS sortante, Anne Hidalgo (29,3%) et la candidate LR Rachida Dati (22,7%), manque en outre d'une dynamique dans les arrondissements qui comptent le plus, sans compter son absence d'alliances possibles a priori.

Agnès Buzyn, candidate malgré tout à Paris

Les propos d'Agnès Buzyn elle-même après le premier tour ont affaibli sa candidature. Le 17 mars, elle avait provoqué un tollé en qualifiant dans Le Monde le scrutin de «mascarade», face au «tsunami» de la pandémie de Covid-19 qui s'annonçait. La candidate à la mairie de Paris avait aussi affirmé avoir alerté le président Emmanuel Macron sur le danger du nouveau coronavirus dès le 11 janvier, puis avoir plaidé en mars pour le report du scrutin.

«J'aurai l'occasion de m'expliquer», a assuré Agnès Buzyn le 26 mai, comptant notamment sur «les commissions d'enquête» pour cela. En effet, la candidate doit, peut-être dès juin, être entendue en tant qu'ancienne ministre de la Santé par les commissions d'enquête que le Sénat et l'Assemblée nationale prévoient de lancer sur la gestion de la crise sanitaire.

«Nous sommes déterminés à porter ensemble un projet pour Paris», avait tenté de convaincre le 25 mai sur Europe 1 le chef de file de LREM, Stanislas Guerini, tandis que d'autres voix, sous couvert de l'anonymat, confient qu'un candidat de remplacement a été cherché en vain.

Selon des projections, le parti de la majorité présidentielle «pourrait n'obtenir que dix sièges de conseillers de Paris sur 163», s'alarme une alliée citée par l'AFP.