France

Procès de François et Penelope Fillon : l'audience reportée en raison de la grève des avocats

Trois ans après le «Penelopegate», François Fillon et son épouse sont jugés pour des soupçons d'emplois fictifs concernant cette dernière. L'audience a été renvoyée au 26 janvier en raison de la grève des avocats contre la réforme des retraites.

Environ trois ans après les révélations du «Penelopegate», l'ancien Premier ministre, sénateur, député, puis candidat à l'élection présidentielle François Fillon est poursuivi pour détournement de fonds publics, recel et complicité de détournements de fonds publics, mais également recel et complicité d'abus de biens sociaux et, enfin, manquement aux obligations de déclarations à la HATVP en tant que parlementaire. 

En l'espèce, François Fillon est principalement suspecté d'avoir fait bénéficier son épouse, Penelope, et ses enfants, Marie et Charles, de traitements financiers indus, notamment via des emplois supposés fictifs. Ces versements seraient intervenus principalement à l'époque où François Fillon était sénateur et élu de l'Assemblée nationale.

Les deux enfants du couple Fillon sont entendus en qualité de témoins assistés, mais Penelope Fillon et l'ancien suppléant de François Fillon (également maire du fief de Sablé-sur-Sarthe) Marc Joulaud sont pour leur part poursuivis dans cette affaire.

Les trois prévenus, qui doivent comparaître jusqu'au 11 mars, encourent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, de lourdes amendes et des peines d'inéligibilité. Leurs avocats plaideront la relaxe.

Les avocats de la défense ont cependant demandé un renvoi de l'affaire à une date ultérieure dans la semaine en raison de la grève du barreau de Paris contre la réforme des retraites. Les avocats grévistes bloquaient d'ailleurs l'accès au site du tribunal de grande instance ce 24 février au matin.

Audience renvoyée au 26 février

Le procès s'est ouvert en début d'après-midi... mais l'audience a été renvoyée au 26 février, en raison de la grève.

A 65 ans, François Fillon, qui faisait figure de favori dans la course présidentielle de 2017 en tant que héraut de la droite traditionnelle, a abandonné le monde politique pour se consacrer au domaine de la finance et assure que «les preuves» de la réalité du travail de son épouse «seront apportées» au cours de ce procès très attendu.

Toutefois, les juges d'instruction ont d'ores et déjà fait valoir qu'ils avaient acquis la conviction que Penelope Fillon avait bénéficié d'emplois fictifs en tant qu'assistante parlementaire de son mari et de son suppléant. Entre 1998 et 2013, plus d'un million d'euros auraient ainsi été détournés.

La justice s'était saisie le jour même des premières révélations d'une longue série, le 25 janvier 2017, dans le Canard enchaîné.

Les époux Fillon sont également poursuivis pour recel et complicité d'abus de biens sociaux pour l'emploi de conseiller littéraire de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes dirigée par l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière. Ce dernier a pour sa part plaidé coupable dans ce volet de l'affaire. L'accusation avait dénoncé un emploi «de pure complaisance, sans contrepartie réelle.» Penelope Fillon avait perçu 135 000 euros pour cet emploi.