France

Quand le mensuel VSD compare la SNCF à l'Etat islamique

Dans sa dernière édition, le mensuel VSD livre un édito fustigeant la grève des salariés de la SNCF contre la réforme des retraites, annoncée pour le 5 décembre. Une comparaison douteuse avec Daesh a fait réagir le transporteur ferroviaire.

«La SNCF utilise les salariés en France comme Daesh utilise les femmes et les enfants en boucliers humains en Syrie», peut-on lire en gros caractères rouges dans l’éditorial que le directeur du mensuel VSD s’est oublié à commettre dans sa livraison datée de novembre.

La rengaine des grévistes preneurs d’otage est loin d’être une nouveauté, mais la comparaison avec les coupeurs de têtes de l’organisation terroriste responsable de milliers de morts semble – heureusement – inédite. Elle a fait sortir de ses gonds la SNCF, qui a annoncé le 20 novembre l’ouverture d’une action en référé sur le fondement de l'injure. «On ne pouvait pas rester sans réaction face à ces propos odieux», explique un responsable de communication du transporteur ferroviaire national cité par l’AFP.

La CGT-Cheminots avait appelé dès le 18 novembre la direction «à réagir et à engager des suites juridiques à ce dénigrement inqualifiable», dénonçant avec ironie, dans un communiqué, un «édito plein de profondeur et tout en mesure».

«Le droit de grève est un droit acquis de hautes luttes par les salariés de notre pays, il n'entraîne pas la mort, il ne cherche pas la terreur. Il permet d'exprimer des revendications pour la satisfaction desquelles les salariés sacrifient une partie de leur salaire», avait ajouté le premier syndicat de la SNCF.

Réaction indignée du nouveau président de la SNCF

Jean-Pierre Farandou, entré à la SNCF en 1981 comme chef de gare à Rodez (Aveyron) et président du directoire depuis le 1er novembre, a lui aussi réagi, déclarant dans le bulletin électronique de communication interne du groupe : «L’injure et la calomnie vis-à-vis de la SNCF et de ses agents sont inacceptables. Dans ce cas précis, cette comparaison est tout simplement scandaleuse. Face au dénigrement et aux insultes, je serai toujours là pour défendre l’honneur et l’intégrité des cheminots et de la SNCF.»

Apparemment peu conscient de l’énormité de ses propos, Georges Gohsn, directeur de la publication de VSD, en a remis une couche, en se disant selon l’AFP «étonné» de la démarche d’Agnès Ogier, la directrice de la communication de la SNCF, et en estimant  qu’elle l’avait entreprise «sans doute pour faire la belle auprès des syndicats avec qui la direction négocie».