France

Rassemblement devant le tribunal où sont jugés des «décrocheurs» de portraits de Macron (VIDEO)

Militants de gauche et écologistes se sont réunis devant le Tribunal de Paris où se tient le procès de huit activistes et un vidéaste accusés de «vol en réunion», après avoir participé au décrochage de portraits du président dans des mairies.

Ils voulaient dénoncer l'«inaction climatique» du chef de l'Etat : huit militants écologistes et un vidéaste sont jugés ce 11 septembre à Paris pour «vol en réunion» après avoir participé en février au décrochage de portraits d'Emmanuel Macron dans des mairies d'arrondissement de la capitale.

A l'occasion de ce nouveau procès, le mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21) a appelé à un rassemblement de soutien aux prévenus dès 8h devant le Tribunal de Paris, en présence de représentants d'ONG et d'élus. 

Parmi eux, plusieurs députés La France insoumise (LFI) comme François Ruffin, Eric Coquerel et Mathilde Panot, la conseillère de Paris insoumise Danielle Simonnet ou la sénatrice Europe écologie les Verts (EELV) Esther Benbassa. Interrogée par notre reporter, celle-ci a déclaré soutenir les personnes inculpées. «Ce n'est pas un acte si grave de décrocher le portrait du président. On aurait pu faire cela avec moins d'hystérie mais maintenant ces jeunes passent devant la justice pour désobéissance civile. Ce sont des pacifistes, je le suis aussi comme écologiste», a-t-elle estimé.

Les huit activistes, âgés de 23 à 36 ans, sont poursuivis pour une à trois actions de décrochage le 21 février dans la mairie du Ve arrondissement, et le 28 février dans les mairies des IIIe et IVe arrondissements de Paris. Un vidéaste de 29 ans, fondateur de la chaîne YouTube «Partager c'est sympa» et qui avait filmé l'une des actions, est également renvoyé pour «vol en réunion». 

Les prévenus comparaissent devant la 16e chambre du tribunal correctionnel, connue pour traiter les affaires de terrorisme mais qui juge également des délits de droit commun.

Le 21 février avait marqué le début de la campagne de décrochage de portraits présidentiels dans différentes villes de France, en réaction à une réponse jugée insuffisante du gouvernement à la pétition sur le climat baptisée «l'Affaire du siècle», signée par plus de deux millions de personnes. 

Depuis le lancement de sa campagne de désobéissance civile «Décrochons Macron», ANV-COP21 revendique la «réquisition» de 128 portraits officiels du président, le dernier dans la mairie d'un petit village du Pays basque, Irissary, dans les Pyrénées-Atlantiques, le 23 août, à la veille du G7 de Biarritz. 

Par ailleurs, 57 personnes ont fait l'objet de poursuites en correctionnelle, principalement pour «vol en réunion», un délit pour lequel la peine maximale encourue est de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. 

Le premier procès de «décrocheurs» s'était tenu fin mai à Bourg-en-Bresse. Un militant écologiste avait été condamné à une peine d'amende ferme de 250 euros et cinq autres à une amende avec sursis, le 12 juin. Deux semaines plus tard, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois militants qui avaient brièvement décroché un portrait du chef de l'Etat dans une mairie du Bas-Rhin. 

12 autres procès de «décrocheurs» sont prévus jusqu'à septembre 2020. 

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