France

Le voile islamique restera finalement autorisé lors des sorties scolaires

Les députés et les sénateurs, réunis en commission mixte paritaire le 13 juin, se sont accordés pour supprimer un amendement visant à interdire le voile pour les femmes lors des sorties scolaires. Les partisans du multiculturalisme crient victoire.

Réunis en commission mixte paritaire (CMP) le 13 juin sur le projet de loi pour une école de la confiance, les députés et sénateurs ont trouvé plusieurs points d'entente, dont le plus notable concerne la suppression d'un amendement visant à interdire le port du voile islamique pour les femmes accompagnatrices lors des sorties scolaires.

Pourtant, le 15 mai, les sénateurs avaient voté contre l'avis de Jean-Michel Blanquer qui interdisait le port de signes religieux ostentatoires pour les accompagnants. La CMP est donc revenue dessus, pour la plus grande joie de ceux qui dénonçait ce texte. La militante Sihame Assbague, qui se définit comme une «féministe intersectionnelle», considère que ce n'est là «qu'une bataille» et félicite «toutes les organisations qui se sont mobilisées».

L'élu municipal de Saint-Denis, Madjid Messaoudene, qui se décrit comme un «racisé», s'est lui aussi réjoui de la décision de la CMP : «Une victoire face à l'islamophobie galopante visant à instrumentaliser la laïcité à des fins d'exclusion.»

Parmi les pourfendeurs de l'amendement, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal s'était illustré en mai dernier sur Cnews en affirmant être contre une interdiction du voile lors des sorties scolaires : «Quand on n'est pas dans l'école, on n'est pas dans l'école.»

Cette décision en apparence anodine pose ainsi de nombreuses questions. Les sorties scolaires sont-elles encore de l'école ? Les professeurs seront-ils toujours enseignants lors de ses sorties ? Et plus généralement : l'école de la République s'arrête-t-elle à la porte du bâtiment scolaire ?

En outre, la CMP a supprimé la disposition visant à suspendre les allocations familiales pour les parents d'élèves absentéistes. Elle avait été à l'origine, elle aussi, ajoutée par le Sénat. Enfin, une autre proposition – soutenue majoritairement par des députés LREM – qui avait suscité une polémique, celle visant à remplacer les mentions «père et mère» par «parent 1 et parent 2» a été définitivement abandonnée.

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