France

Visé par plusieurs plaintes, l'humoriste Yassine Belattar placé en garde en vue

Visé par plusieurs plaintes pour menaces et harcèlement, Yassine Belattar est entendu par les policiers du Ve arrondissement de Paris. L'humoriste s'est défendu en déclarant auprès de Mediapart n'être «jamais passé à l'acte».

Le Parisien rapporte ce 26 mars que l'humoriste controversé Yassine Belattar a été placé en garde à vue. Animateur de radio, nommée en 2018 membre du Conseil présidentiel des villes par Emmanuel Macron, Yassine Belattar fait l'objet d'une plainte pour menaces de mort déposée contre lui par le producteur et comédien Bruno Gaccio, figure emblématique de l'émission Les Guignols de l'info, sur Canal+, de 1992 à 2007. Il a été convoqué au commissariat du Ve arrondissement de la capitale, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte fin janvier par le parquet de Paris. 

Selon Mediapart, Yassine Belattar est aussi accusé par plusieurs personnes du monde du spectacle «de comportements humiliants ou menaçants». «Quatre personnes ont décrit sur procès-verbal des menaces directes, une demi-douzaine de personnes au bas mot ont évoqué des relations professionnelles difficiles et deux jeunes femmes ont raconté des conversations dérivant vers des sous-entendus ou des allusions sexuelles alors qu’elles étaient à la recherche de travail», écrit le site d'information qui dit enquêter depuis fin 2017 sur cette affaire.

Interrogé par le site d’investigation, le comédien a contesté les accusations de harcèlement professionnel mais assumé certains propos reprochés : «Que je menace des gens, c’est un fait. Il y a plein de gens qui en menacent d’autres. Mais moi, je ne suis jamais passé à l’acte.» 

«Je vais enc**** ta p*** de mère à Saint-Etienne»

Mi-mars, Marianne faisait savoir que Bruno Gaccio accusait Yassine Belattar de menaces de mort, évoquant notamment une conversation téléphonique : «Il s’est mis à hurler, a promis de venir me tuer, ainsi que ma femme et mes gosses avant d’ajouter : "Je vais enc**** ta p*** de mère à Saint-Etienne"», avait-il expliqué auprès de Marianne.

L'ancien des Guignols a également attaqué l'humoriste pour diffamation, évoquant une antérieure «série d’amabilités échangées sur les réseaux sociaux» après s'être fait qualifier de «pointeur» : «Pointeur, ce n’est quand même pas un terme anecdotique, on l’utilise pour ceux qui se livrent à du harcèlement sexuel et, plus particulièrement, les pédophiles. Moi, évidemment, je sais que je ne suis pas un "pointeur" mais pour mes proches, j’ai décidé de le poursuivre en diffamation», avait rapporté Bruno Gaccio à l'hebdomadaire.

Marianne faisait état d'une autre accusation pour «harcèlement moral au travail» visant l'animateur de radio. Le magazine avait ainsi rapporté que plusieurs comédiennes et animatrices avaient été entendues par la police. Parmi elle, Jessie Claire, jeune animatrice de radio et télévision, avait détaillé une dizaine de jours d’échanges «incessants», en 2015, via la messagerie privée de Facebook, des SMS ou des appels téléphoniques, avec l'humoriste. Marianne rapporte ainsi les propos de Jessie Claire, qui cherchait au moment des faits du travail : «Ma pire expérience de harcèlement professionnel à ce jour, dit-elle, même si, comme de nombreuses femmes, j’avais déjà été confrontée à des avances et des comportements déplacés.»

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