France

«La fin s'avance» : l'opposition se déchaîne après l'allocution de Macron

Après avoir remanié le gouvernement, Emmanuel Macron a fait une allocution de 12 minutes ce 16 octobre au soir. Son discours, sans grand relief, a surtout permis à l'opposition de livrer une attaque en règle contre le chef de l'Etat.

Très bas dans les sondages et accusé par certains d'arrogance, Emmanuel Macron a assuré ce 16 octobre, lors d'une allocution diffusée à 20 heures mais enregistrée dans la journée, après l'annonce d'un remaniement ministériel, entendre «les critiques», assurant toutefois qu'il n'y aurait «ni tournant ni changement de cap» de sa politique.

«Ces derniers mois ont pu rendre moins perceptible [le] sens [de mon action] d'abord parce que parfois par ma détermination, ou mon parler vrai j'ai pu déranger ou choquer certains. Et j'entends les critiques», a-t-il déclaré. «Ce dont vous pouvez être sûrs est que ma volonté d'action, qui n'a rien perdu de son intensité [est]aujourd'hui plus forte encore», a-t-il ajouté.

J'entends les critiques

«Nous devons regarder en face ce monde tel qu'il est, c'est pour cela, à noter que je demande au gouvernement d'agir en ayant conscience de ce moment, et de prendre, pour ce faire, des décisions vigoureuses afin que notre pays conserve cette maîtrise de son destin. Cela exige de ma part [...] comme de la part du gouvernement de l'écoute, du dialogue», a-t-il résumé.

«Il y a de l'impatience et je la partage, mais le temps que nous prenons est celui de nos institutions [...] Progressivement, j'en suis sûr, votre quotidien va s'améliorer car le gouvernement est sur la bonne voie», a-t-il développé.

«Je demande au nouveau gouvernement ainsi formé de poursuivre les transformations dont notre pays a besoin et de le faire avec un objectif simple : que nous reprenions pleinement la maîtrise de notre destin. Cela ne se fera pas en un jour, mais il n'y a aucune fatalité», a ajouté le président.

A gauche et à droite, l'opposition réagit

Du côté de la majorité présidentielle, le discours d'Emmanuel Macron a été accueilli avec enthousiasme. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a salué la capacité d'«écoute» et de «dialogue» qui caractérise selon lui Emmanuel Macron.

Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI) a regretté que le chef de l'Etat ne se soit pas exprimé quant au remaniement survenu le matin même. Evoquant le «mode paroissial» de son allocution, il a jugé que «la fin s'avan[çait]».

Le député LFI du Nord, Adrien Quatennens, juge qu'Emmanuel Macron ne «se parle plus qu'à lui-même».

La députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, a pour sa part ironisé sur les déclarations d'Emmanuel Macron relatives aux plaintes des Français, rappelant la sortie du président sur les «Gaulois réfractaires».

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti juge paradoxal d'assurer entendre «les critiques», tout en maintenant le cap.

L'atmosphère générale de l'allocution d'Emmanuel Macron a également retenu l'attention de la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, qui l'a jugée «étrangement crépusculaire», tout en soulignant que le chef de l'Etat n'avait rien dit sur le fond.

«C'est à bout de souffle sans la nouvelle vague», a ironisé le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure.

Au cours des douze minutes qu'aura duré son intervention, le chef de l'Etat n'aura fait ni annonce ni commentaire particulièrement saisissant. De quoi faire dire à certains de ses opposants qu'il n'y a finalement rien à retenir de cette intervention, à l'instar de Joffrey Bollée, conseiller régional d'Ile-de-France membre des Patriotes, le parti de Florian Philippot.