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France Culture déprogramme ses cours : Michel Onfray quitte l'Université populaire de Caen

Le philosophe Michel Onfray dénonce une décision politique dans le choix fait par France Culture de ne plus diffuser les cours qu'il donne à l'Université populaire de Caen, qu'il a lui même créée. Il estime que la liberté d'expression est en danger.

Le philosophe Michel Onfray, qui a fondé l'Université populaire de Caen en 2002, une institution d'éducation populaire, gratuite et ouverte à tous, a annoncé le 28 septembre qu'il rennonçait à y donner ses cours. Il venait d'apprendre que France Culture avait décidé de ne plus les retransmettre.

«J'arrête, cela fait seize ans que je me bats, je passe le flambeau», explique-t-il non sans amertume au Figaro. Chaque été, la radio d'Etat retransmettait les cours du penseur qui se définit comme libertaire et athée, et dont les écrits, de plus en plus polémiques avec le temps, s'en prennent très régulièrement au pouvoir en place et aux médias. «Près d'un million de podcasts étaient téléchargés l'été», constate-t-il, comme pour souligner que la raison profonde de ce choix n'est pas à chercher du côté de l'audience et des chiffres.

«Je n'ai même pas été prévenu directement. C'est mon éditeur, Patrick Frémeaux, qui m'a transféré un mail qu'il avait reçu de la directrice de France Culture», explique le philosophe. Michel Onfray n'hésite pas à sous-entendre que cette décision, visiblement mal assumée par France Culture, «avec pour tutelle un ministre nommé par Emmanuel Macron», serait avant tout politique.

«Il n'y a aucune pression politique, c'est ridicule. Nous l'avons énormément soutenu, mais il n'y a pas de passe-droit à France Culture et, en termes de pluralisme, la question se posait de diffuser chaque été un seul et même essayiste. Notre antenne est libre de tout pouvoir, du pouvoir politique, mais aussi du pouvoir de Michel Onfray», a réagi Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

«La lutte contre les idées du FN [Front national] qui avait motivé la création de l'Université Populaire en 2002, doit désormais être élargie à tous ceux qui mettent en péril la liberté de conscience, de pensée et d'expression. Ils sont bien plus nombreux qu'à l'époque. Plus nombreux et d'autant plus dangereux qu'ils sont désormais au pouvoir», écrit-il ainsi sur son site.

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