France

Mobilisés pour les aînés : les salariés des maisons de retraite en grève (PHOTOS, VIDEOS)

Une journée de grève inédite a lieu en France dans les maisons de retraites. Manque de temps, «burn out», mauvais accueil de résidents : le personnel des Ehpad dénonce ses conditions de travail.

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées le 30 janvier à proximité du ministère des Solidarités et de la Santé, à Paris, afin de réclamer davantage de moyens pour la prise en charge des personnes âgées.

Des mobilisations ont par ailleurs eu lieu dans de nombreuses villes de France : Bordeaux, Nantes, Rennes, Lyon, Strasbourg, Limoges, Perpignan, Lille ou encore Toulouse, Clermont-Ferrand, Tours, Châteauroux, Orléans, Blois et Chartres. Au moins 6 000 personnes étaient présentes, selon un décompte de l'AFP dans 18 villes.

Le taux de mobilisation (nombre de grévistes déclarés et de personnels assignés) a atteint 31,8%, et le taux de participation (nombre de grévistes déclarés) 10,3%, selon la Direction générale de la cohésion sociale, qui dépend du ministère de la Santé. 

Cette mobilisation inédite répondait à l'appel d'une large intersyndicale (CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC et SUD) avec le soutien de l'association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), la Fédération hospitalière de France et plusieurs associations de retraités. Le mouvement devait s'accompagner de débrayages dans des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et dans des services à domicile. Des rassemblements ont eu lieu également dans d'autres régions françaises. A Paris, une délégation dans laquelle on compte Philippe Poutou (NPA) et Philippe Martinez (CGT) est reçue au ministère depuis 14h.

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Près de 600 000 personnes vivent aujourd'hui dans l'un des 7 200 Ehpad du pays, selon le ministère de la Santé, et 400 000 personnes y travaillent.

Les grévistes demandent «plus de moyens pour prendre en charge dans la dignité» les aînés, souhaitant un ratio d'un agent (tous métiers confondus) par résident dans les Ehpad, où les seniors arrivent de plus en plus dépendants et nécessitent une prise en charge accrue. 

Ils craignent également qu'une réforme instaurant une convergence progressive des dotations entre Ehpad privés et publics, n'aggrave la situation financière des établissements publics et conduise à des suppressions de postes.

Une mobilisation suivie sur tout le territoire

Les manifestants étaient mobilisés dans toute la France, notamment à Toulouse.

Le mouvement a également été suivi à Nîmes dans le Gard, devant la Préfecture.

En Normandie, les «vieux debout» étaient présents aussi.

Le monde politique s'intéresse de près aux Ehpad

Caroline Fiat, élue insoumise de Meurthe-et-Moselle, était présente à la manifestation parisienne, à la fois en tant que député et en tant que sage-femme.

Au micro de la radio RTL le 30 janvier, le député de La France Insoumise, François Ruffin a comparé les 50 millions d'euros promis par le ministère de la Santé à la manne de «5 milliards» que représentait l'impôt sur la fortune (ISF).

Philippe Poutou, candidat malheureux à l'élection présidentielle 2017, sous la bannière du Nouveau parti anticapitaliste, était présent lors du rassemblement parisien pour soutenir les salariés des Ehpad : «Pour des moyens, pour de bonnes conditions de travail, pour la dignité des personnes âgées. Pour un véritable service public de la santé, respect et gratuité pour toutes et tous», a-t-il tweeté.

Le député Front national Gilbert Collard a tenté un rapprochement entre la situation des résidents des Ehpad et celle de la politique migratoire française : «Si on se mobilisait autant pour nos personnes âgées que pour les migrants, la vie dans les Ehpad serait bien plus humaine.»

Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et chef de file du mouvement Debout la France !, a également souhaité manifester son soutien au personnel des Ehpad «qui manifeste aujourd'hui pour dénoncer des conditions de travail inacceptables», a-t-il publié.

Valérie Boyer, élue LR des Bouches-du-Rhône, a pour sa part déploré la politique budgétaire du gouvernement sur le sujet de la santé, «la même [...] que celle de François Hollande», selon elle.

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