France

«Continue. Les critiques suivent le talent» : le SMS présumé de Macron à Yassine Belattar

Contacté par L'Obs, Yassine Belattar revient sur les polémiques qui l'ont touché. Accusé d'être une vitrine pour l'islamisme, il avoue avoir envoyé un SMS au président Emmanuel Macron pour évoquer son malaise. Celui-ci lui aurait répondu amicalement.

Depuis plusieurs semaines, plusieurs journaux comme Libération viennent au secours de Yassine Belattar, accusé par ses détracteurs (parmi lesquels d'autres publications comme Marianne) de complaisance envers l'islamisme. Le 4 janvier, c'est également L'Obs qui tente de réhabiliter un humoriste qui a vu l'annulation de plusieurs de ses représentations.

Au plus bas moralement, Yassine Belattar a avoué à l'Obs qu'il aurait envoyé un message téléphonique au président de la République. 

Soutien d'Emmanuel Macron, son «frère» comme il le concède, il lui aurait ainsi écrit : «Visiblement, c’est une nouvelle guerre que lance ce journal [Marianne], je suis au fond du trou.»

Son accusation porte sur l'article du 15 décembre de Marianne intitulé «Faux clown et vrai danger». Un plaidoyer contre l'humoriste qui va mettre le feu aux poudres sur les réseaux sociaux, suscitant une avalanche de message virulents, tant de ses détracteurs que de ses défenseurs. Yassine Belattar évoquait alors une «chasse aux sorcières».

Recevant le message, Emmanuel Macron aurait directement répondu à Yassine Belattar par SMS. «T'obsède pas. Continue. Les critiques suivent le talent», l'aurait ainsi réconforté le chef de l'Etat.

Sur Facebook, l'humoriste a assuré qu'il traversait l'un des «pires» moments de sa carrière.

Depuis plusieurs mois Yassine Belattar est au cœur de la polémique. Coqueluche des plateaux de télévision, l'humoriste est souvent invité pour parler de laïcité, d'islam et des quartiers en banlieues parisiennes.

Yassine Belattar : plus qu'un humoriste

Se disant lui-même engagé, ses propos détonnent et flirtent avec l'agressivité, parfois teintés d'humour, comme le montrent ses dernières interventions sur LCI ou dans L'Emission politique sur France 2.

La controverse est alimentée par la presse, qui ressort de vieux dossiers comme son intervention publique pour le Collectif contre l'islamophobie en France où on voit Yassine Belattar promouvoir une rencontre avec le théologien Tariq Ramadan. Plusieurs associations de défense de la laïcité comme Viv(r)e La République avaient également pointé du doigt certains propos. L'une de ses membres, Fatiha Boudjahlat, recevant même une menace de procès de la part de l'humoriste.

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