France

Un tiers des CRS auraient fait grève le 12 septembre en posant un congé maladie

C'est un «coup de semonce», prévient le syndicat Alliance : près de 35% des CRS qui devaient assurer la sécurité des manifestations contre la réforme du code du travail le 12 septembre, se seraient fait porter pâles en guise de protestation.

Alors que la première journée de mobilisation contre la réforme du code du travail était organisée ce 12 septembre partout en France, certains CRS entendaient bien, eux aussi, protester contre leurs conditions de travail et contre la modification du régime de prélèvements auquel ils sont soumis. Pour ce faire, ils ont massivement décidé... de se mettre en congé maladie.

Ainsi, 500 CRS se seraient déclarés souffrants selon Europe 1, sur les 1 500 qui devaient être en poste pour assurer la sécurité des différentes manifestations organisées partout en France, et dont plusieurs ont d'ailleurs dégénéré en affrontements parfois violents contre les forces de l'ordre. «Aujourd'hui, 36 compagnies devaient travailler. Il y en a eu neuf indisponibles, soit à peu près 35% des collègues», a déclaré le délégué national CRS d'Alliance, Johann Cavallero, à Europe 1. Un chiffre que confirme Le Point, citant ses propres sources.

De nombreux CRS ont donc profité de cette journée de manifestations pour protester à leur manière contre une «accumulation», selon Johann Cavallero. «Depuis les attentats de 2015, il y a un sur-emploi, il y a du matériel qui n'arrive pas, des véhicules qui ne sont pas renouvelés, la directive européenne en matière de repos n'est toujours pas appliquée aux CRS...», énumère-t-il. 

Mais c'est une mesure fiscale bien concrète qui semble avoir fait déborder le vase : le 21 juillet dernier, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que l'indemnité journalière d'absence temporaire, à laquelle les CRS ont droit depuis 1961 pour compenser leurs déplacements en mission parfois loin de leur domicile, serait désormais soumise à l'impôt. Parallèlement, les délais de versement ont été rallongés de deux semaines à deux mois – une décision que beaucoup jugent inacceptable.

Cette vague d'arrêts maladie est un «coup de semonce», selon le syndicat Alliance qui exige une «écoute sérieuse» de la part de sa hiérarchie. L'organisation avertit d'ores et déjà que «des actions de grande envergure sur tout le territoire» seront organisées si les CRS n'obtiennent pas satisfaction. Alors que le mouvement de contestation sociale ne fait que commencer, et que de premiers débordements violents ont déjà eu lieu dans plusieurs villes de France, le risque d'une contagion aux forces de l'ordre pèse lourd sur les épaules gouvernement.

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