France

154 parlementaires demandent à François Hollande de reconnaître l'Etat palestinien

Des députés et des sénateurs demandent à François Hollande de mettre ses déclarations passées sur la question d'un Etat palestinien en accord avec ses actes, affirmant qu'il «en va du respect du droit international comme de la sécurité d’Israël».

154 députés et sénateurs ont signé une lettre adressée à François Hollande par Gilbert Roger, sénateur socialiste de Seine-Saint-Denis et président du groupe d'amitié France-Palestine, afin de demander la reconnaissance par l'Etat français d'un Etat palestinien.

Constatant que «la France doit marquer sa volonté de sortir de l’impasse sur le conflit israélo-palestinien», les parlementaires encouragent François Hollande à réaffirmer le «droit à l'autodétermination» dont jouissent les peuples et qui justifierait donc que le peuple palestinien puisse «se doter d'un Etat». «Il en va du respect du droit international comme de la sécurité d’Israël», précise en outre le texte.

Le texte confronte d'ailleurs François Hollande à ses déclarations passées. «Seules les négociations bilatérales peuvent aboutir», avait-il en effet déclaré en 2012. «Il est donc temps que ces négociations se déroulent sur un pied d’égalité, d’Etat à Etat : nos actes doivent désormais suivre nos mots», conclut la lettre.

Parmi les signataires, on trouve une très grande majorité d'élus de gauche, dont la sénatrice écologiste Esther Benbassa, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, la sénatrice socialiste de Paris Marie-Noëlle Lienemann, ou encore Noël Mamère. Trois parlementaires des Républicains ont également signé la lettre.

Engagement de campagne de François Hollande en 2012, la reconnaissance d'un Etat palestinien n'a pas eu lieu pour l'instant, alors que le quinquennat touche à sa fin. Le Parlement, lui, s'y est déjà déclaré favorable : l’Assemblée nationale avait voté à une large majorité en décembre en faveur d’une reconnaissance de la Palestine par 339 voix contre 151, avant d'être suivie par le Sénat quelques jours plus tard, avec 153 pour et 146 contre. Mais la décision finale appartient au seul président de la République.

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