France

«Un million d'euros brut» : le Canard enchaîné alourdit ses accusations contre la famille Fillon

Dans son numéro du 1er février, le journal satirique détaille le nouveau montant des sommes qu'auraient perçues l'épouse et les enfants de François Fillon du Parlement et de la Revue des deux mondes. Le champion de la droite réfute tout acte illégal.

L'affaire, dévoilée par le Canard enchaîné le 25 janvier, a fait trembler la campagne du vainqueur de la primaire de la droite et du centre. D'après le journal, Penelope Fillon, la femme du candidat à l'élection présidentielle, aurait perçu 600 000 euros pour un emploi fictif d'assistante parlementaire à l'Assemblée nationale, ainsi que 100 000 euros pour un travail qualifié de «mystérieux» pour la Revue des deux mondes.

Dans la soirée du 31 janvier, les journalistes de l'hebdomadaire ont donné un bilan alourdi de leurs accusations, détaillé dans le numéro paru le lendemain, 1er février. D'une part, le journal considère désormais que Penelope Fillon a touché un revenu d'assistante parlementaire durant quinze années (et non huit), faisant porter sa rémunération supposée à 831 440 euros brut (et non 500 000 euros environ, comme initialement annoncé).

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Des rémunérations d'assistant parlementaire disproportionnées pour les enfants Fillon ?

D'autre part, le Canard affirme que deux des enfants du couple Fillon ont bénéficié de 83 735 euros d'argent public. Alors que François Fillon avait déclaré sur TF1, jeudi 26 janvier, qu'il avait rémunéré pour des «missions précises» au Sénat deux de ses enfants qui étaient avocats, le journal remet en cause cette affirmation.

Premièrement, les deux enfants, Marie et Charles Fillon, auraient été embauchés comme attachés parlementaires permanents et non rémunérés pour des missions ponctuelles. Deuxièmement, les enfants n'étaient pas encore avocats selon le Canard. Marie venait de finir ses études de droit et n'avait pas encore prêté serment lors de son embauche et Charles était toujours étudiant en droit.

Par ailleurs, leurs rémunérations d'alors auraient «de quoi faire pâlir de jalousie de nombreux assistants parlementaires» : 3 773 euros brut mensuels puis 3 814 euros brut par mois pour Marie selon l'hebdomadaire et 4 846 euros brut mensuels pour Charles – soit environ autant, note le journal, que la rémunération du chef du secrétariat particulier de François Fillon, qui bénéficiait alors de plus de trente ans d'expérience dans des cabinets ministériels.

Enfin, Le Canard Enchaîné réaffirme que Penelope Fillon aurait perçu 100 000 euros brut de La Revue des deux mondes, quand bien même le directeur de cette publication avait confié au journal ne l'avoir jamais vue.

Une opération de «calomnie», selon François Fillon

Dans la soirée du mardi 31 janvier, après la publication de la une du Canard, François Fillon a de nouveau balayé les accusations portées contre sa famille, dénonçant une opération de «calomnie» visant à abattre sa candidature. Une réaction qui intervenait, en outre, une heure après la fin d'une perquisition de près de six heures à son bureau à l'Assemblée nationale.

«A ma connaissance, dans l'histoire de la Ve République, cette situation ne s'est jamais produite ; jamais à moins de trois mois d'une élection présidentielle une opération d'une telle ampleur et aussi professionnelle n'a été montée pour essayer d'éliminer un candidat autrement que par la voie démocratique», a martelé François Fillon, le soir du 31 janvier, selon l'agence AFP.

Le 30 janvier, le candidat à l'élection présidentielle avait été entendu à Versailles par les policiers de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF). «J'étais très soucieux d'être entendu très vite», a-t-il réagi le lendemain, ajoutant : «Je suis serein et j'attends désormais la fin de cette enquête.»

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