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Le Premier ministre néerlandais durcit le ton sur l'immigration, Geert Wilders lui répond

A deux mois des législatives néerlandaises, le chef du gouvernement a soigné son électorat de droite en tenant un discours sévère sur la question migratoire. Le leader du parti anti-immigration PVV, Geert Wilders, dénonce une supercherie.

«[Les étrangers qui] refusent de s'adapter, et qui critiquent nos valeurs [devraient] se comporter normalement, ou aller ailleurs», a lancé le chef du gouvernement des Pays-Bas Mark Rutte, dans une lettre ouverte à ses citoyens du dimanche 22 janvier, alors que les élections législatives néerlandaises approchent à grand pas.

Dans ce message officiel, le dirigeant a témoigné du malaise croissant que les Néerlandais éprouvent, selon lui, face à certains étrangers harcelant les homosexuels, sifflant les femmes en mini-jupes ou encore qualifiant les Hollandais de racistes. Le Premier ministre, qui brigue un troisième mandat, a enfoncé le clou : «Si vous n'aimez pas ce pays, partez. [...] Si vous vivez dans un pays où la façon dont nous traitons les gens vous rend fous, alors vous avez le choix. Vous n'êtes pas obligés de rester ici.»

L'insistance de Mark Rutte sur cette question migratoire et sécuritaire vise, à n'en pas douter, à attirer les électeurs de droite vers le parti de centre-droit au pouvoir, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), en prévision des élections législatives de mars 2017. Les sondages donnent en effet le VVD au coude-à-coude avec le Parti pour la liberté (PVV), qui tient, lui, un discours ouvertement anti-immigration et anti-islamisation.

Sans citer explicitement le PVV dans sa lettre, le Premier ministre prend soin de préciser que «la solution [aux problèmes migratoires et sécuritaires] n'est pas de jeter tout le monde dans le même sac, d'insulter ou d'expulser des communautés entières du pays».

Geert Wilders : Mark Rutte est «l'homme de l'immigration de masse»

Geert Wilders, le flamboyant leader du PVV, a répondu aux propos de la lettre de Mark Rutte lundi 23 janvier, en assurant que le chef du gouvernement était «l'homme des frontières ouvertes, du tsunami des demandes d'asile, de l'immigration de masse, des mensonges et de la supercherie», cité notamment par la presse britannique.

Lors d'une réunion de partis eurosceptiques à Coblence (Allemagne) samedi 21 janvier, le leader de la formation anti-immigration avait exprimé son optimisme quant à la victoire des forces politiques souverainistes européennes, dans la foulée du vote pour le Brexit et de la victoire de Donald Trump. «Il y a de la lumière au bout du tunnel [...] le vent est en train de tourner», avait-il lancé avec enthousiasme, évoquant un «printemps patriotique».

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