France

Guerre d'Algérie : un élu socialiste demande à Hollande de reconnaître les «crimes» de la France

Le président socialiste du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel a appelé le président François Hollande à «laver l'affront» de la déchéance de nationalité en reconnaissant les «crimes» de la France lors de la guerre d'Algérie.

«Alors qu'un espoir était né dans les quartiers populaires pendant la campagne présidentielle, il a manqué un message et des actes qui redonnent confiance», a souligné Stéphane Troussel, lors d'un débat organisé à Pierrefitte-sur-Seine en présence de l'ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira.

C'est ainsi que la proposition du droit de vote des étrangers, «mesure d'inclusion républicaine», a été remplacée par la proposition de déchéance de nationalité, qualifiée de «mesure d'exclusion républicaine des enfants d'immigrés». 

Pour cet élu de La Courneuve, il est encore temps de «laver cet affront qui a été fait à une grande partie de nos concitoyens». 

Il souhaite ainsi que le président de la République fasse du 17 octobre une «journée nationale de reconnaissance des crimes et du rôle de l'Etat français dans la guerre d'Algérie» et que l'histoire de la colonisation et de la décolonisation figure dans les programmes du collège.

Le 17 octobre 1961 fait référence à la répression par la police d'une manifestation du FLN à Paris lors de laquelle 100 Algériens auraient péri. 

«Si nous voulons que les jeunes issus de cette histoire se sentent pleinement français, la République doit reconnaître leur histoire et celle de leurs parents et grands-parents», estime Stéphane Troussel.

L'élu rappelle que l'ancien président Chirac l'a fait en reconnaissant comme un crime contre l'humanité le rôle de Vichy dans la déportation, Christiane Taubira et l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, pour ce qui est de la traite et de l'esclavage.

Le 19 mars 2016, François Hollande avait commémoré le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie. Cette initiative, destinée à instaurer la «paix des mémoires», avait provoqué une levée de boucliers, en particulier chez les harkis et les rapatriés.

Le président s'est rattrapé le 25 septembre en reconnaissant pour la première fois «les responsabilités de la France dans l'abandon des harkis».