France

Ravagée par les flammes, la «Jungle» de Calais quasiment déserte

La tâche ardue du démantèlement, le nettoyage et la destruction des logements de fortune des migrants se poursuivent dans la «Jungle» de Calais, qui a déjà été vidée de plusieurs milliers de personnes.

Vendredi 28 octobre

A Paris, les associations d'aide aux migrants affirment avoir distribué environ 1000 repas aux migrants, dont elles estiment le nombre à plus de 3000.

A Paris, les premiers migrants arrivent de Calais, suite au démantèlement de la «Jungle». Ils rejoignent les campements déjà présents depuis plusieurs mois dans le Nord-Est de la capitale.

Jeudi 27 octobre

Les pelleteuses sont entrées en action jeudi matin pour raser la «Jungle» de Calais, quasiment désertée, mais la zone restait un carrefour de migrants, entre candidats au départ vers des centres d'accueil et ceux bien décidés à passer en Angleterre. 

La «Jungle», où vingt départs de feu ont eu lieu durant la nuit, selon la préfecture, a commencé à être rasée vers 08h30, a constaté un journaliste de l'AFP. Objectif: faire place nette le plus vite possible pour éviter tout «appel d'air», a expliqué la préfète Fabienne Buccio, car «on a commencé à voir arriver des migrants d'Allemagne, de Paris et d'ailleurs». 

Ces travaux seront terminés «lundi soir», a ajouté la représentante de l'Etat dans le Pas-de-Calais. Ils se déroulent sous la protection des forces de l'ordre, qui ne laissent plus entrer les migrants dans la «Jungle» mais leur permettent de sortir.

Les forces de l'ordre ont repoussé sans violence les jeunes se présentant comme des mineurs qui se sont massés jeudi matin devant le centre de transit désormais fermé de la «Jungle» de Calais, a constaté une journaliste de l'AFP.

«Vous ne pouvez pas rester ici, c'est fermé», ont dit des agents de l'État dans un mégaphone. Une clameur de protestation s'est élevée parmi ces jeunes, au nombre d'une centaine.

Ces jeunes, qui espèrent profiter des accords franco-britanniques sur la population spécifique des mineurs, ont d'abord été éloignés jusqu'à 200 m environ du centre, sous le pont des Garennes. Là, les CRS font ont formé un barrage.

Ils l'ont ouvert quelques minutes plus tard et les mineurs se sont dispersés sur la bande de terre vierge de 100 m de large qui longe la «Jungle», pour se diriger vers celle-ci.

Les gros travaux de déblaiement de la «Jungle» de Calais ont commencé jeudi peu après 08h30 dans la partie ouest du camp, quasiment désertée depuis mercredi après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Une grosse pelleteuse accompagnée de deux engins d'évacuation arrachait les abris situés dans cette zone. Un gros cordon de CRS a été déployé pour empêcher les curieux, des journalistes et une poignée de migrants passant par là, d'y accéder.

Quatre-vingts jeunes migrants environ, tous mineurs selon eux, étaient massés jeudi matin tôt devant le centre de transit des migrants de Calais mis en service pour l'évacuation totale de la «Jungle» mais qui est désormais fermé, a constaté une journaliste de l'AFP.

Parmi ces jeunes, certains ont dormi sur place, devant la grille désormais close, et une trentaine dormaient encore au sol, emmitouflés dans des couvertures et sacs de couchage dans le froid, jeudi vers 8h.

Tous veulent s'enregistrer «pour aller en Angleterre». Des jeunes continuent à arriver au compte-gouttes, visiblement de la «Jungle» ou des alentours.

Ce centre, qui contient 1 500 places dans des conteneurs et n'héberge plus que des mineurs, affichait complet mardi soir.

De l'autre côté de la route, une dizaine d'hommes patientent dans la file des majeurs. Ils veulent prendre le bus.

La veille, la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio avait annoncé la fermeture du centre de transit, «pour éviter un appel d'air».

Un premier car de mineurs est parti mercredi soir de la «Jungle» de Calais vers un centre d'accueil et d'orientation (CAO) dédié, structure ad hoc créée à l'occasion du démantèlement du bidonville calaisien, a indiqué à l'AFP le directeur général de France terre d'asile (FTDA) Pierre Henry.

«Le car est parti vers la Meurthe et Moselle», depuis le centre d'accueil provisoire (CAP) où les mineurs sont logés dans des conteneurs, avec «une quarantaine de mineurs à bord», a précisé M. Henry, à l'issue d'une journée dont la préfète du Pas de Calais a assuré qu'elle marquait «la fin» du bidonville insalubre.

Par ailleurs «40 mineurs devraient être transférés vers la Grande-Bretagne jeudi», a-t-il indiqué, s'ajoutant aux plus de 200 mineurs que Londres a accepté de prendre en charge depuis le début de la semaine dernière.

Ce CAO-mineurs, déclinaison des centres d'accueil et d'orientation ouverts dans toute la France pour les migrants de Calais, aura pour spécificité d'offrir aux jeunes un accompagnement spécifique (éducateurs notamment), conformément à la législation sur la protection de l'enfance.

«D'autres lieux ont été repérés» pour l'ouverture de centres similaires, a ajouté le responsable de FTDA.

Selon un décompte de FTDA début octobre, près de 1 300 mineurs étaient recensés sur la «Jungle» dont 500 environ avec des liens familiaux au Royaume-Uni.

De ce point de vue, le responsable de FTDA a dit «espérer que la Grande-Bretagne va accélérer» sur les transferts de mineurs vers le Royaume-Uni, qui peut se faire soit au titre de la réunification familiale soit au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant.

Dans un récent document de la Préfète du Pas de Calais que l'AFP avait pu consulter, près de 550 places avaient été réservées mi-octobre pour les mineurs dans ces CAO dédiés.

De nouveaux incendies continuent de se déclarer dans la Jungle à Calais mais sont vite maîtrisés par les pompiers, qui restent sur le qui-vive après une nuit sous haute tension et une journée mouvementée.

Mercredi 26 octobre

Le centre de transit, appelé sas, des migrants quittant la Jungle" de Calais pour d'autres destinations, va fermer incessamment ses portes, pour éviter un appel d'air, a déclaré mercredi soir la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio.

"La décision a été prise. Le sas va fermer incessamment pour éviter un appel d'air", a déclaré Mme Buccio. Il s'agit d'éviter que des migrants non répertoriés dans la "Jungle" de Calais profitent du dispositif d'évacuation mis en place par le gouvernement vers les Centres d'accueil et d'orientation (CAO).

Un total de 5 596 personnes ont été mises à l'abri au soir du troisième jour de l'évacuation de la Jungle de Calais, ont annoncé mercredi les ministères de l'Intérieur et du Logement dans un communiqué à l'AFP.

Mercredi, 1 348 personnes ont été mises à l'abri: 1 215 personnes majeures ont quitté les lieux à bord de 32 bus pour rejoindre des centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis dans 11 régions, affirment Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse dans ce communiqué. Quelque 133 mineurs ont par ailleurs été orientés vers le centre d'accueil provisoire (CAP), installé sur le campement.

Un nouvel incendie s'est déclaré dans la «Jungle» de Calais, a fait savoir le correspondant de RT France sur place.

Le préfet du Pas-de-Calais a fait savoir que l'évacution des migrants devrait se terminer dans les heures à venir.

«C'est la fin de la Jungle, aujourd'hui. Plus de 5 000 personnes déjà prises en charge», a-t-elle constaté.

«Nous terminerons à l'heure qui conviendra, mais ce soir nous fermerons le sas. Notre mission est remplie et une page se tourne pour ces migrants qui vont pouvoir commencer une nouvelle vie en France», a-t-elle précisé.

Les autorités sont «en capacité» d'achever l'évacuation de tous les migrants de Calais d'ici «ce soir [le 26 octobre]», a déclaré la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio à l’AFP.

«On est en capacité de fermer le dispositif de sas dès ce soir. Il n'y a plus personne sur le camp. Tout le monde est à l'abri. Après la prise en charge des derniers migrants [qui arrivent au sas], le dispositif s'arrête», a affirmé la préfète.

Nouveaux incendies en cours dans la Jungle de Calais

De nouveaux incendies se sont déclarés peu après midi. Les pompiers sont sur place et tentent de maîtriser le feu.

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, déclare qu'il n'y avait plus que «mille personnes» qui vivent encore dans la  «Jungle» de Calais.

«On estime à mille» le nombre de «personnes encore sur le camp de la Lande et qui vont partir», a-t-elle affirmé à son arrivée à l'entrée du camp.

L'évacuation de plusieurs milliers de migrants de la Jungle de Calais, en cours depuis le 24 octobre, représente «un beau visage de la France», a estimé mercredi 26 octobre le Premier ministre Manuel Valls, sur France Inter.

«Ce qui est en train de se passer à Calais, c'est un beau visage de la France. On a une opération humanitaire qui est menée en tenant compte d'hommes et de femmes qui fuient la guerre et qui demandent l'asile, et qui est menée aussi avec fermeté», a-t-il assuré.

Un migrant syrien a été légèrement blessé lors de l’incendie qui a ravagé le camp dans la nuit du 25 au 26 octobre. Selon le préfecture du Pas-de-Calais, il a été transporté à l'hôpital pour «une blessure aux tympans».

Quelque 200 migrants, notamment des Afghans et des Syriens qui restaient dans le camp, ont été évacués. «Parmi eux nous avons répertorié une quinzaine de mineurs qui ont été mis en sécurité et amenés dans le Centre d'accueil provisoire avec ceux hébergés lundi et mardi», a expliqué le commissaire de police de Calais, Patrick Visser-Bourdon.

En savoir plus : A l’issue du deuxième jour d’évacuation, un énorme incendie ravage la «Jungle» (PHOTO, VIDEOS)

Un important incendie s'est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi dans la Jungle de Calais. 

Plusieurs bâtiments du camp ont pris feu. Les pompiers ont dû intervenir.

Selon le correspondant de RT France sur place une bouteille de gaz aurait explosé dans un des bâtiments. Malgré les efforts des pompiers l'incendie s'est vite propagé.

Sur fond de tensions la police se déploie dans le camp pour assurer la sécurité.

Mardi 25 octobre

Le feu provenait d'un bus, qui a été incendié par des migrants.

Après une dizaine de minutes d'intervention, les pompiers ont réussi à éteindre le feu.

Un important incendie s'est déclaré dans la jungle de Calais.

Les pompiers ont été dépêchés sur place, comme a pu le constater notre reporter.

Des tirs de gaz lacrymogène ont ensuite été constatés.

Un total de 4014 personnes ont été mises à l'abri lors des deux premiers jours de l'évacuation de la Jungle de Calais, a annoncé mardi le ministère de l'Intérieur.

Durant la deuxième journée des opérations, mardi, 1636 personnes ont quitté les lieux: 1264 personnes majeures "à bord de 33 bus pour rejoindre 55 centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis dans 9 régions", et 372 mineurs ont été orientés vers le centre d'accueil provisoire (CAP), installé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier, a détaillé le minstère dans un communiqué.

L’ONG humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a indiqué qu’elle allait cesser d'orienter les mineurs expulsés de la «Jungle» vers le dispositif prévu par les autorités.

«Les mineurs font la queue devant le sas, mais leur accès est conditionné à l'accord d'une seule personne, qui décide s'ils pourront ou non entrer» a affirmé à l'AFP Frank Esnée, le chef de mission France pour MSF, ajoutant : «C'est une sélection au faciès qui n'est pas acceptable.»

Il a ajouté que cette «sélection» avait abouti à l’exclusion d’«un tiers» des personnes se présentant comme mineures.

Présente sur place, la maire de Calais Natacha Bouchart a déploré le fait que les activistes No Borders «utilisent à des fins personnelles» les migrants, en leur apportant par exemple de l’assistance pour que ceux-ci puissent par la suite attaquer la rocade portuaire.

Le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que 1 056 personnes avaient été «mises à l'abri» le matin du 25 octobre. La veille, ils étaient 2 318, a-t-il précisé.

Alors que les logements sont en cours de destruction et que l'évacuation des femmes de la Jungle de Calais a lieu, plusieurs dizaines d'entre elles, refusant d'être évacuées, ont entamé une manifestation spontanée pour appeler le Royaume-Uni à les accueillir.

«Nous voulons aller en Angleterre !», «Où sont les droits de l’homme ?» ou encore «Nous avons besoin d’aide !» scandent les femmes, en anglais.

Après l'évacuation des personnes, la destruction des logements de fortune des migrants vient de débuter.

Les services de nettoyage viennent d'entamer leur tâche et les nombreuses cabanes sont en train d'être démontées, comme l'a constaté le journaliste de RT France.

Une cabane a pris feu il y a quelques instants, projetant de la fumée noire au dessus du camp.

Ce n'est pas le premier incident du type ces dernières heures, puisque cette nuit, plusieurs cabanes ont également été incendiées.

Alors que l'évacuation des réfugiés suit son cours, les ouvriers chargés d'ériger le mur de Calais près de l'autoroute continuent de s'affairer.

Ce mur, construit par la France, est financé par le Royaume-Uni.

Retour en images sur les débordements de la nuit

Les travaux de déblaiement prévus mardi 25 octobre matin dans la «Jungle» de Calais ont pris du retard, mais les évacuations vers des centres d'accueil répartis en France se poursuivaient au lendemain du départ, sans incident, de quelque 1 900 personnes.
Le début de l'opération de nettoyage des détritus et débris divers autour du Centre d'accueil provisoire (CAP), une structure en dur située sur le campement, a été décalé, a indiqué une source proche de la préfecture vers 10h, sans que l'on sache quand elle commencerait exactement.

Les forces de l'ordre ne peuvent venir dans l'immédiat encadrer le travail de la société chargée du déblaiement, car elles doivent gérer la foule de migrants qui se presse au niveau du «sas» d'enregistrement et de départ en car, a précisé cette source.

«Il n'y aura pas de bulldozers, nous allons ramasser des déchets», a précisé le préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio.

Lors de la deuxième journée de l’évacuation, le maire de Calais, Natacha Bouchart, a expliqué qu’elle ressentait un «soulagement» mais aussi une «incompréhension».

«Soulagement car l'Etat a enfin répondu à cet appel que je lui lançais depuis des mois. Incompréhension, car si l'on m'avait écoutée plus tôt, nous aurions évité de voir arriver ici 10 000 migrants. Je trouve également intolérable de ne pas avoir été associée, en tant que maire, à cette opération», a-t-elle déclaré.

«Beaucoup de migrants expliquent qu'ils sont d'accord pour partir, mais qu'ils gardent espoir de se rendre en Angleterre, et reviendront. Nous voudrions aussi connaître les modalités concrètes de la destruction de la "Jungle". Surtout, nous ne savons rien du dispositif prévu pour éviter qu'une nouvelle "Jungle" ne se reforme, alors que plusieurs dizaines de migrants arrivent chaque jour», a-t-elle précisé.

Le démantèlement de la Jungle de Calais va commencer dans les heures à venir. Le 24 octobre, plus de 2 300 migrants ont été évacués dans une soixantaine de bus affrétés pour cette opération. Ils ont rejoint 80 centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés dans onze régions de France, d’après le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. L’évacuation se poursuit toujours.

Quatre cents mineurs ont, pour leur part, été «orientés vers un centre d'accueil provisoire» situé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier. Londres a promis d'accueillir «tous les mineurs isolés» de Calais dont «les attaches familiales en Grande-Bretagne étaient établies».

Le Royaume-Uni a annoncé «étudier également les dossiers de mineurs non accompagnés qui n'[avaient] pas de liens familiaux mais dont l'intérêt supérieur serait de rejoindre ce pays». Londres a notamment dit vouloir verser une nouvelle aide financière de plus de 40 millions d'euros à la France pour maintenir ses contrôles aux frontières et s'assurer que la «Jungle» resterait fermée après son démantèlement.

Lundi 24 octobre

Un total de 2 318 migrants, dont 400 mineurs, ont été "mis à l'abri" au premier jour de l'évacuation de la "Jungle" de Calais, qui s'est déroulé "dans le calme et la maîtrise" a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Sur ce total, "1 918 majeurs ont quitté Calais à bord de 45 bus pour rejoindre 80 centres d'accueil et d'orientation (CAO) situés dans onze régions de France", a affirmé le ministre dans une déclaration à la presse.

Quatre cents mineurs ont pour leur part été "orientés au centre d'accueil provisoire", situé sur le campement, dans l'attente de l'instruction de leur dossier.

Bernard Cazeneuve a également "salué" l'accord trouvé avec les autorités britanniques sur la question des mineurs isolés, sujet de tensions entre les deux pays depuis plusieurs mois. 

Notre correspondant est en direct cette nuit alors que des affrontements ont eu lieu entre policiers et certains migrants.

D’après les annonces du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, l'évacuation se déroule «pour l'instant dans le calme et la maîtrise».

«L'objectif est de procéder à la mise à l'abri de ceux qui relèvent du statut de réfugié en France et qui n'ont pas vocation à être dans la précarité, dans la vulnérabilité à Calais», a-t-il rappelé. 

Cherchant à contrôler la bousculade, les forces de sécurité ont alors fait barrage. Les migrants, de leur côté déclaraient avoir peur «qu’il n’y ait pas assez de bus».

Après plusieurs heures à l'extérieur du hangar, des migrants se sont impatientés. Certains d’entre eux ont bousculé des policiers et ont lancé leurs bagages.

Des centaines des gens ont incendié des locaux du Bureau européen d'appui en matière d'asile au camp migratoire de Moria, sur l’île de Lesbos.

Selon les annonces sur Twitter, les migrants y auraient mis feu en solidarité avec les migrants de Calais.

Les autorités du Bureau précisent qu’aucune victime n’est à déplorer, tous les migrants et les responsables ayant été évacués.

Le président de l'association «L'auberge des migrants», Christian Salomé, s’est félicité que tout se passe bien dans la matinée du 24 octobre, mais s'est dit «beaucoup plus inquiet pour la fin de la semaine, quand il ne resterait que les gens qui ne voulaient pas partir et qui persistaient à vouloir rejoindre l'Angleterre».

Pour le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, «le succès de cette première matinée montre que le dispositif a été bien préparé». 

«Le plus dur, désormais, va être de convaincre les migrants récalcitrants, dans les prochains jours», a-t-il poursuivi.

Les files d'attente ne diminuent pas devant le hangar. Les autorités déclarent être étonnées par le nombre de migrants prêts à partir volontairement.

A l'intérieur du hangar, chaque migrant choisit une région et reçoit un bracelet avant d'embarquer dans un bus.

Le numéro trois du FN, Nicolas Bay, a aussi critiqué la décision des autorités.

«On ne fait que déplacer et amplifier le problème. Bien sûr, la place des clandestins, ça n’est pas dans des camps payés par les contribuables, c’est évidemment dans des charters. La solution, ça n’est pas la répartition, c’est l’expulsion. Il fallait surtout les empêcher d’entrer avant de vouloir les empêcher de sortir pour aller vers l’Angleterre. Et puis il fallait surtout cesser d’organiser l’accueil de ces immigrés clandestins, massif, sur l’ensemble du territoire national», a-t-il fait savoir.

Le président du département des Alpes-Maritimes et secrétaire général des Républicains en charge de la sécurité, Eric Ciotti, a critiqué le gouvernement sur twitter, affirmant que l’opération serait un échec et que les migrants «allaient revenir à Calais».

Fabienne Buccio, préfèt du Pas-de-Calais, a, de son côté, noté que l’évacuation des migrants était un moment historique. 

«On prendra le temps nécessaire. Le tout, c’est que les choses se passent bien dans le respect des personnes et de façon fluide, aussi pour ceux qui, de l’autre côté vont accueillir ces personnes dans les centres d'accueil et d'orientation», a-t-elle précisé dans une interview à France Bleu Nord.

La maire de Calais, Natacha Bouchart, a confié son scepticisme sur la possibilité de mener à bien le démantèlement de la «Jungle» de Calais lors d'une interview à la radio locale, Radio 6.

«Je ne comprends pas qu'une telle opération ait été montée sans la coopération de la ville», a regretté l'élue.

Selon elle, le gouvernement prend donc «l'entière responsabilité» du déroulement du démantèlement car c'est «lui qui a provoqué la situation» et l'afflux de migrants dans la ville.

«Rien n'a été fait pour les empêcher de s'installer de façon anarchique. Donc, vous comprenez bien que je suis perplexe par rapport au fait que les choses vont bien se dérouler et que nous n'avons aucune garantie, aucun dispositif pour nous confirmer qu'il n'y aura plus ces difficultés par lesquelles nous passons depuis maintenant trois ans», a-t-elle ajouté.

D’après le ministre de l’Intérieur, l'évacuation de la «Jungle» se déroule «pour l'instant dans le calme et la maîtrise».

«C'est une opération dont on souhaite qu'elle se déroule dans le calme et dans la maîtrise. C'est pour l'instant le cas», a assuré Bernard Cazeneuve au sujet de l'opération en cours à Calais, alors qu'un premier car de migrants a quitté la camp de la «Jungle» pour le sud de la France.

Le ministre française du Logement, Emmanuelle Cosse, a critiqué la réticence de Londres à accueillir des enfants de la «Jungle» de Calais au titre du regroupement familial et affirmé que «plusieurs centaines» devraient être admis «rapidement» Outre-Manche.

«Nous voulons que l’ensemble des mineurs qui relèvent du regroupement familial soient admis le plus rapidement possible» en Grande-Bretagne, a précisé le ministre sur la radio française RTL, en estimant que «plusieurs centaines devraient être admis rapidement».

Elle a aussi ajouté que les actions du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve étaient «scandaleuses» et  que ce dernier aurait dû «aller à plusieurs reprises en Angleterre donner des interviews au Guardian pour que, enfin, le gouvernement britannique applique le droit international».

Le premier bus avec les migrants a quitté Calais pour le sud, en direction de la Bourgogne.

Le centre de transit ouvre ses portes aux migrants. Quelque 500 migrants, essentiellement des Soudanais, attendent calmement à l'extérieur. 60 bus doivent les conduire dans des centres d'accueil d'orientation (CAO) répartis dans toute la France.

Les premiers candidats au départ se sont regroupés sous les lampadaires éclairant la piste cyclable alors que le sas donnant accès à ce QG était encore fermé.

Environ 60 personnes se sont présentées avec valises et baluchons devant le hangar servant de quartier général à l'opération. Une file d'attente s'étend déjà devant le sas encore fermé donnant accès à ce QG.

Une dizaine de fourgons de CRS et quelques camions transportant du matériel ont quitté à 5h45 les hôtels pour prendre la direction du centre des opérations.

Après de longues semaines de préparation, le jour de l'évacuation de la «jungle» de Calais est arrivé. A partir de 8h ce matin, plus de 6 000 migrants rejoindront des bus qui les déplaceront vers 287 centres d'accueil temporaires, qui leur seront attribués à travers toute la France. Ceux qui refuseront de partir seront arrêtés et déportés. Quelque 1 250 policiers et gendarmes sont mobilisés. Cette opération devrait durer au moins une semaine, selon les autorités.

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