France

Frondeurs, Philippot, Trierweiler... les réactions indignées à l'interview-fleuve de Valls

A l'occasion d'un long entretien, le Premier ministre a moqué la gauche de la gauche, vilipendé Nicolas Sarkozy et abordé des sujets sensibles comme le terrorisme et le bilan économique du quinquennat. Les réactions des politiques n'ont pas tardé.

Invité de l'émission Le Grand rendez-vous du dimanche 11 septembre, diffusée à la fois sur Europe 1 et iTélé, le chef de l'exécutif français s'en est pris à diverses forces et personnalités politiques critiques vis-à-vis de son action, à l'approche de la nouvelle élection présidentielle.

Dans la ligne de mire de Manuel Valls, notamment : la gauche anti-Hollande, selon lui «divisée et fracturée» et dont «le seul but à la fête de l'Humanité ou à la Rochelle [où sont réunis les frondeurs du Parti socialiste (PS)] est d'empêcher François Hollande d'être candidat ou de le battre à la primaire». Une défiance vis-à-vis du président que le Premier ministre a qualifiée de «puéril[e], irresponsable».

Cette charge contre la gauche de la gauche et l'aile «rebelle» du PS est «à pleurer», s'est notamment désolé sur Twitter le député frondeur PS de la Nièvre, Christian Paul.

De même, réagissant à ces déclarations, l'adjoint au maire de Montreuil, étiqueté Front de Gauche, Gaylord Le Chequer, a dénoncé «l'arrogance» et «le mépris» du Premier ministre socialiste.

Ciotti et Karoutchi volent au secours de Sarkozy

L'autre grande cible de Manuel Valls, au cours de cet entretien, n'était autre que le candidat à la primaire de droite, Nicolas Sarkozy.

Pour le chef du gouvernement, l'ex-leader des Républicains (LR) est déjà parvenu à «gangrener» une grande partie de la droite, en imposant «ses propositions et son agenda» extrémistes à l'élection interne de son camp. Ces propositions, poursuit Manuel Valls, se traduiraient notamment par la stigmatisation permanente des pauvres, des musulmans ou encore des migrants.

Enfonçant le clou, le chef du gouvernement a assuré que l'ancien locataire de l'Elysée, malgré la dureté qu'il prétend incarner en matière sécuritaire, mènerait une politique anti-terroriste désastreuse : «[Nicolas Sarkozy] se trompe [...] en faisant croire aux Français, et de manière terrible, qu'avec lui, au fond, il n'y aurait plus d'attentats».

C'en était trop pour le député sarkozyste Eric Ciotti, qui s'est fendu de plusieurs tweets pour défendre l'ex-chef de l'Etat. Affirmant voir d'un bon œil cette focalisation du Premier ministre sur Nicolas Sarkozy, le président du département des Alpes Maritimes a en outre souligné la faiblesse supposée de l'arsenal juridique mis en œuvre par la gauche pour prévenir les attentats.

Une position qu'Eric Ciotti a pris soin de détailler dans une lettre ouverte publiée sur Twitter.

Similairement, le sénateur des Hauts-de-Saine (LR) et soutien de Nicolas Sarkozy, Roger Karoutchi, a dénoncé les attaques de Valls à l'encontre du bilan anti-terroriste de l'ancien président de la République.

Sur le même thème, les propos de Manuel Valls sur la fatalité de nouveaux attentats en France a suscité l'indignation du vice-président du Front national (FN), Florian Philippot, qui y a vu une forme de défaitisme.

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Dupont-Aignan : «Quel Tartuffe, Manuel Valls!»

Le président de Debout la France (DLF) a quant à lui réagi aux déclarations de Manuel Valls concernant la fermeture du site d'Alstom à Belfort.

Alors que le Premier ministre a condamné une décision «inacceptable» de la part du constructeur ferroviaire, Nicolas Dupont-Aignan l'a accusé d'hypocrisie sur les ondes de Radio J. «Quel Tartuffe, Manuel Valls !», a lancé le leader souverainiste, avant d'ajouter : «C'est quand même gonflé de voir un Premier ministre qui a accepté [...] la vente scandaleuse de notre patrimoine industriel, scientifique aux Américains, [...] dire que ce que fait la direction d'Alstom est scandaleux.»

Le petit mot de Trierweiler

Enfin, même l'ex-première dame de France a trouvé matière à faire de durs commentaires sur l'interview de Manuel Valls. Dans un tweet, Valérie Trierweiler a interprété la déclaration suivante comme un aveu d'échec de la part de l'exécutif socialiste : «L'une des grandes questions du quinquennat à venir, c'est la lutte contre la pauvreté.»

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