France

Un accord PS-LR pour faire passer la réforme du temps de parole ? Dupont-Aignan accuse

Selon Nicolas Dupont-Aignan, les deux principales formations politiques auraient conclu une «alliance objective» pour faire passer la réforme du temps de parole avant la présidentielle à l'Assemblée nationale et faire taire les petits candidats.

Le jour du vote de la réforme des règles de campagne pour l'élection présidentielle, «je montais dans l’hémicycle et j’étais juste derrière Christian Jacob [président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale], et je le vois dire à un député dont je tairai le nom : "Fais voter quelques voix, il faut que ça passe"», a expliqué Nicolas Dupont-Aignan à la chaîne française BFMTV.

Pour le président de Debout la France, les choses sont claires : il y a une «complicité objective» qui vise à «instaurer le tripartisme». Comme il l’observe, le Parti socialiste (PS) et les Républicains (LR), «qui ont déjà 80% à 85% du temps de parole durant tout le quinquennat» veulent, par cette nouvelle loi, conserver leurs privilèges.

Adoptée le 5 avril à l’Assemblée nationale par 299 députés sur 562 (la majorité requise est de 287 voix), la proposition de loi, qui supprime notamment l’égalité de temps de parole entre tous les candidats à la présidentielle durant les six semaines qui précèdent le scrutin, a bénéficié de 266 votes socialistes et de 22 votes républicains.

Selon les nouvelles règles, l’«équité» du temps de parole sera calculée en fonction de critères comme les sondages ou le résultat des élections précédentes. Et ce nouveau fonctionnement devrait surtout bénéficier aux candidats des grands partis.

En effet, selon les calculs du journal Le Monde qui se réfère à l'élection de 2012, durant les trois semaines qui ont séparé le dépôt des listes du lancement de la campagne officielle, les nouvelles règles auraient obligé les médias à consacrer environ 5h30 à Sarkozy et Hollande, contre seulement 26 minutes à l’écologiste Eva Joly et 11 à Nicolas Dupont-Aignan.

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Ferme opposant à cette réforme, qu'il a qualifiée sur son site internet de «crime contre la démocratie», le président de Debout La France a saisi le Conseil constitutionnel dès le 6 avril afin que celui-ci se prononce sur sa validité.

Nicoals Dupont-Aignan pointe notamment du doigt une «atteinte au principe constitutionnel de pluralité et de liberté d'expression défini par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen».