Léon XIV a achevé le 28 septembre au soir sa première visite apostolique en France, raccompagné à l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine par Emmanuel Macron. « On est tristes qu'il parte mais heureux que ça se soit bien passé », a déclaré le président au pied de la passerelle, au terme d'une séquence marquée par une mobilisation massive et des impairs diplomatiques du chef de l'État.
Le souverain pontife a rassemblé des centaines de milliers de fidèles, jusqu'à 800 000 selon certaines estimations lors de la messe parisienne. À Metz, devant 35 000 personnes à la cathédrale Saint-Étienne, il a plaidé pour la paix et exhorté l'Europe à combattre « le mensonge et la tromperie » dans les relations internationales, en présence du chef de l'État.
Emmanuel Macron a de son côté appelé l'Europe à retrouver « le courage de ses fondateurs » face au « retour des nationalismes ». Pourtant, la visite n'a pas été sans friction.
Dès l'Élysée, Léon XIV a dénoncé « l'offre d'une mort programmée », une allusion à peine voilée à la loi française sur l'aide à mourir.
Dans l'avion du retour, il a précisé n'avoir pas voulu « s'immiscer » dans la politique française.
Ces prises de position rappellent les tensions passées : le père Michel Viot avait confié que le pape François était « agacé » par Emmanuel Macron, qui avait pris l'habitude de le tutoyer.
Le président a d'ailleurs dû réorganiser son agenda pour assister à la dernière messe, lui qui n'avait pas prévu de participer aux offices. Sur X, Emmanuel Macron avait salué plus tôt la ferveur : « Concorde et Fraternité. La France est fière d'accueillir le Pape Léon XIV et cette messe monumentale au cœur de Paris. »
Il a également publié un vidéomontage, où il apparaît lui-même, laissant entendre que le voyage s'est déroulé de la meilleure des manières.
Si l'image d'unité et les retombées symboliques profitent à l'Élysée, les divergences sur la bioéthique et la laïcité soulignent les limites d'une communion parfois contrainte.