France

Blocages lycéens : la mobilisation s’étend avec le soutien de LFI

Ce 29 septembre, jour de grève dans la fonction publique, les lycéens poursuivent et amplifient leurs blocages contre le manque de moyens. Soutenue par La France insoumise, la contestation s'étend au-delà de l'Île-de-France, sur fond d'affrontement verbal entre Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Lecornu.

Alors que la journée de mobilisation dans la fonction publique débute, les lycéens multiplient les actions pour dénoncer des classes surchargées, le manque de professeurs et les conditions dégradées. Le mouvement, né en Île-de-France, gagne du terrain et bénéficie du soutien affiché de responsables de La France insoumise.

Depuis une semaine, des établissements franciliens, notamment dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, ont vu leur fonctionnement perturbé. Le rectorat de Créteil a constaté lundi une progression des blocages, accompagnés parfois de dégradations et de tirs de mortier. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a évoqué 58 établissements touchés la semaine précédente, dont une dizaine bloqués. Le mouvement se durcit et, ce 29 septembre, un incendie a été allumé par les manifestants devant le lycée Paul Éluard à Saint-Denis.

Le mouvement a gagné d'autres régions : Orléans, Lille, Grenoble ou encore Nice, où des tirs de mortier d'artifice et des incendies de poubelles ont été signalés.

L'Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à généraliser les actions ce mardi. « On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », a déclaré son président, Ryad Rani, mobilisé depuis le 10 septembre.

Les revendications portent sur des effectifs allégés, le remplacement des absents et la fin de Parcoursup. Des élus LFI se sont rendus sur place. À Saint-Denis, le maire Bally Bagayoko a été porté en triomphe par des élèves devant le lycée Paul-Éluard.

L'édile a été vivement critiqué pour sa participation à un cortège ayant mis le feu à une poubelle aux abords d'un lycée. Le maire a ensuite publié une vidéo pour démentir les accusations.

Sur X, Jean-Luc Mélenchon a écrit : « Les lycéens en mouvement sont inoffensifs. Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident. Pas touche à nos jeunes. Élus et militants insoumis, interposez-vous partout où vous le pouvez ».

Plusieurs élus insoumis ont par ailleurs relayé des images de ce qu'ils qualifient de « violences policières ».

Face à cela, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé une « surenchère irresponsable ». « Tirs de mortier, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers. […] Instrumentaliser leur colère à des fins partisanes est une faute », a-t-il publié. Il a ensuite qualifié d'« insulte » l'accusation de racisme, rappelant qu'une lycéenne avait été blessée à l'acide chlorhydrique.

Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation ont prévenu que les forces de l'ordre interviendraient en cas de violences ou de blocage total.

Ce 29 septembre, la convergence avec la grève de la fonction publique pourrait donner une ampleur nouvelle à ces actions, alors que le bras de fer politique se poursuit.