Le 27 septembre, les sénatoriales ont marqué un tournant après une campagne sous tension : le RN et ses alliés de l'Union des droites pour la République (UDR) franchissent le seuil des dix élus nécessaires pour former un groupe au palais du Luxembourg, une première pour le parti à la flamme. Dans le même temps, Gabriel Amard (La France insoumise, LFI) est élu dans le Rhône, ouvrant les portes de la chambre haute aux insoumis. Les Républicains (LR) et le centre restent largement majoritaires, tandis que le centre macroniste et les écologistes sont en recul.
Une percée du RN saluée comme « historique »
Avec au moins 14 élus, le RN et l'UDR d'Éric Ciotti atteignent leur objectif. Deux sièges dans les Bouches-du-Rhône, deux dans le Var, deux dans les Alpes-Maritimes, un en Gironde avec Edwige Diaz, un en Seine-Maritime… La poussée municipale de mars a payé. Marine Le Pen a immédiatement réagi : « C’est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie. Les résultats vont au-delà de ce que nous pouvions espérer. »
Sur X, Jordan Bardella a félicité ses candidats et affirmé : « La constitution d'un groupe Rassemblement National au Sénat confirme la dynamique de notre mouvement à l'approche de la mère des batailles : l'élection présidentielle. »
De son côté, La France insoumise célèbre l’élection de Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc Mélenchon, dans le Rhône. Le leader insoumis y voit un « heureux augure pour 2027 ». LFI revendique aussi le divers gauche Marc Péré en Haute-Garonne, élu sur une liste d’union avec les écologistes.
Bruno Retailleau (LR), candidat à la présidentielle, a été confortablement réélu en Vendée. Mathieu Darnaud, chef du groupe LR, l'a été en Ardèche.
Gérard Larcher, président du Sénat et candidat à sa succession, a pris acte de ces nouveautés. Il souhaite que la Haute Assemblée demeure « l’assemblée du débat apaisé, de la raison et de la réflexion » et s’engage à « permettre à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits ».
LR, malgré quelques pertes, restent la première force avec leurs alliés centristes.
Le Parti socialiste stabilise son groupe au-dessus de 60 sénateurs, tandis que les écologistes et les macronistes enregistrent des reculs comme prévu dans les projections d’avant scrutin. Ce scrutin, dernier avant la présidentielle de 2027, confirme l'enracinement territorial du RN et l'entrée symbolique de LFI, sans bouleverser les équilibres de la chambre haute.