Les négociations entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue allemand, Johann Wadephul, sollicitées par la partie allemande, n'étaient liées qu'à la situation politique intérieure du pays, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors de l’émission « Dimanche soir avec Vladimir Soloviov ».
Selon elle, l’initiative du ministre visait à faire preuve d’activité diplomatique aux yeux du peuple allemand. Maria Zakharova a également ajouté que Berlin poursuivait un autre objectif avec cette rencontre : redresser d’une manière ou d’une autre la cote de popularité en baisse du chancelier allemand Friedrich Merz.
Moscou n’a « rien tiré de nouveau »
La rencontre entre Sergueï Lavrov et Johann Wadephul a eu lieu le 26 septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Il s’agissait de la première rencontre diplomatique entre la Russie et l’Allemagne depuis 2022, et elle n’a duré qu’une vingtaine de minutes. Selon Maria Zakharova, les représentants du ministère allemand des Affaires étrangères ont exigé de limiter la présence des journalistes, d’exclure les questions de la presse et de ne pas publier d’articles avant la fin des négociations.
Toutefois, ce n’est pas un hasard si la discussion a été si brève. Commentant cette rencontre lors de sa conférence de presse de clôture, Sergueï Lavrov a fait remarquer qu’il n’avait « rien tiré de nouveau » de la part de son homologue allemand : « Il a sorti des notes et a lu un texte qui reprenait intégralement ce que l’Allemagne, par la voix de ses dirigeants, déclare officiellement et publiquement chaque jour. »
Wadephul a « honteusement couvert » le rapport sur les falsifications à Boutcha
Le chef de la diplomatie russe a ajouté que la présentation allemande laissait transparaître un sous-entendu selon lequel Berlin a « consenti à entrer en contact » avec Moscou et que, désormais, en échange de « ce geste de bonne volonté », la partie russe devrait faire des « concessions sur le front ukrainien ». Johann Wadephul a également formulé des reproches concernant un drone découvert à Leipzig, affirmant que la partie allemande avait jugé « très probable » qu’il soit d’origine russe, sans présenter de preuves à Moscou, a poursuivi Sergueï Lavrov. En réponse, le chef de la diplomatie russe lui a conseillé de relire son intervention au Conseil de sécurité sur l’Ukraine, le 23 septembre.
À l’issue de la réunion, Maria Zakharova a également fait part de ses commentaires, indiquant que, pendant les négociations, un rapport du Tribunal public international sur les crimes des néonazis ukrainiens concernant la mise en scène à Boutcha, intitulé « Les héritiers de Goebbels », se trouvait sur la table. Selon elle, Johann Wadephul « a honteusement couvert le rapport avec un carnet et a fait semblant de ne rien remarquer », comme si la comparaison avec Goebbels ne les concernait pas. « Mais c’est évident pour tout le monde et seule la vérité fait mal », a-t-elle souligné.