L’ancienne ministre de la Justice et de la Culture a transformé l’audience du 24 septembre en joute verbale intense. Jugée pour avoir perçu 900 000 euros de l’alliance Renault-Nissan entre 2009 et 2012, alors qu’elle était eurodéputée, elle nie tout lobbying illégal et affirme avoir réalisé des missions de conseil légitimes.
Une matinée sous haute tension
Les avocats de Renault, Philippe Goossens et Kami Haeri, ont passé au crible ses interventions en Turquie, en Iran ou au Maroc. Face aux questions sur l’absence de traces écrites de ses prestations, Rachida Dati a bondi : « Je sais ce que vous pensez : on discute, on boit du thé, on est entre Arabes… Oui je sais lire et écrire, je suis avocate et je suis Française ! ».
La présidente du tribunal a dû rappeler à l’ordre et suspendre l’audience pour retrouver le calme.
« Je ne suis pas la fée Clochette ! », a-t-elle encore rétorqué quand on l’interrogeait sur l’impact de ses missions. Les échanges sont devenus personnels : elle a accusé Maître Haeri de tweets « sexistes et racistes » à son encontre ainsi que des propos qu’elle juge diffamants à l’endroit de sa fille, proposant d’en produire les captures d’écran.
Face aux associations anticorruption, notamment l’association de gauche Transparency International, elle a qualifié un livre à charge de « torchon » et de « ramassis de ragots ». « Vous n’avez pas honte ? », a-t-elle fulminé quand on a évoqué d’anciennes polémiques sur ses diplômes. « Je suis une femme libre et je fais ce que je veux ! », a-t-elle martelé, refusant de s’attarder sur son parcours.
Les « j’ai déjà répondu » se sont enchaînés jusqu’à la suspension de mi-journée.
Le procès se poursuit avec les plaidoiries alors même que Rachida Dati a réintégré la magistrature à quelques jours de l’ouverture du procès. Rachida Dati maintient avoir exercé un travail d’avocate compatible avec son mandat, tandis que le Parquet national financier et les parties civiles y voient un pacte de corruption déguisé.