France

Flambée des prix à la pompe : Macron se défausse sur «la situation géopolitique» et rabâche sur la «menace russe»

À l’heure où les Français sont préoccupés par la flambée des prix des carburants, Emmanuel Macron a dédié une partie de son intervention, ce 18 septembre, à la «menace russe» qui, selon lui, guetterait le pays. Sur la question des prix du diesel, il a tenu la Russie responsable des attaques ukrainiennes contre ses infrastructures pétrolières.

Les prix des carburants étaient sur toutes les lèvres, ce 18 septembre au matin, alors qu’Emmanuel Macron avait convoqué au palais de l’Élysée les chefs des partis politiques représentés au Parlement pour une réunion consacrée aux « conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et à leurs conséquences en France sur la sécurité et l’énergie ».

Lors de sa prise de parole à l’issue de cette rencontre, évoquant « deux grandes crises » qui bousculent la France « et l’ensemble des nations du monde », le président français a — sans surprise — d’emblée embrayé sur « la guerre d’agression russe en Ukraine ».

« Ces dernières semaines, la menace — en particulier hybride — russe à l’égard des Européens et de la France s’est intensifiée », a-t-il affirmé, évoquant une « multiplication » des « attaques contre les intérêts européens ». Il a également indiqué avoir demandé au gouvernement de préparer un « plan de protection de nos infrastructures critiques, ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle, technologique et de défense » contre les « attaques de drones et les cyberattaques ».

Le président français, qui s’est adressé un autosatisfecit quant à l’« alerte » qu’il aurait donnée en février 2024 et la constitution de ladite « coalition des volontaires », a évoqué pêle-mêle l’« attaque de drone contre un train de passagers » en Ukraine, la « tentative d’attaque » contre l’aéroport de Leipzig, le « tir de fusée éclairante à proximité d’une frégate danoise » et des « incursions dans l’espace aérien ». Il a par ailleurs averti que les prétendues « attaques hybrides russes » ne resteraient pas sans réponse.

Après s’être également félicité, sur le terrain de la « protection contre les ingérences étrangères », de la création de Viginum et de « l’aide à la Roumanie » — pays où le premier tour de l’élection présidentielle avait été annulé sous prétexte d’une prétendue ingérence étrangère —, le président français en est venu à la « deuxième crise que nous vivons », à savoir la flambée des prix des carburants.

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Des prix « historiques » qu’il a imputés aux « conséquences de la guerre au Proche et au Moyen-Orient ». « Cette situation, elle est due intégralement aux guerres et à la situation internationale », a-t-il insisté, pointant du doigt la fermeture du détroit d’Ormuz et l’attaque « lancée par les États-Unis d’Amérique et Israël en Iran ». Une guerre, a-t-il réaffirmé, que la France « n’a pas choisie » et à laquelle « elle n’a pas participé ».

À ce conflit entre les États-Unis et l’Iran s’est ajoutée la prise de contrôle des Houthis des rives de la mer Rouge, ainsi que leurs frappes contre les infrastructures pétrolières saoudiennes. Une « situation à laquelle s’ajoute la destruction des infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine, conséquence de la guerre d’agression russe », a ajouté Macron.

Quant à une baisse des taxes ou à un blocage des prix afin de soulager ses compatriotes, le président français a renvoyé à ceux qui, selon lui, lui avaient reproché d’avoir « énormément protégé les Français ». « Il ne faut pas que les mêmes qui ont déploré les conséquences de mesures naguère viennent nous redemander de faire la même chose », a-t-il déclaré, en référence au coûteux « bouclier tarifaire » instauré à l’automne 2021 par le gouvernement Castex face à la flambée des cours de l’énergie provoquée par la reprise économique post-Covid. Une crise dont Emmanuel Macron avait déjà imputé les causes à la Russie.

Cette flambée des prix à la pompe « n’est pas la conséquence de décisions gouvernementales ou de mesures nationales », mais de la « situation géopolitique », a réitéré le président français, dont le pays était censé garantir les accords de Minsk, fournit des armes à Kiev et tapé du poing sur la table lors de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.