Le candidat LR à la présidentielle veut élargir le champ du référendum et permettre au chef de l’État de « censurer la censure » des Sages. Cette idée rencontre un large consensus populaire, y compris au-delà de la droite, mais se heurte au refus du camp macroniste.
Dans une interview au Figaro, Bruno Retailleau propose une révision constitutionnelle qu’il entend soumettre rapidement aux Français s’il est élu en 2027. Il souhaite notamment élargir le champ du référendum prévu à l’article 11 à « toute question législative », y compris dans les domaines pénal, migratoire ou sociétal.
En cas de censure d’une loi votée par le Parlement, le président pourrait ainsi consulter les Français par référendum afin de leur donner le dernier mot. Retailleau propose également d’abaisser à 2,5 millions le nombre de signatures nécessaires au référendum d’initiative partagée et de créer une « charte de l’ordre républicain ».
Un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, publié le 3 septembre, montre que 80 % des Français sont favorables à la possibilité d’organiser un référendum après la censure d’une loi. Le soutien atteint 88 % chez les sympathisants du RN, 86 % chez ceux de LR, 76 % au PS et 65 % chez les proches de Renaissance.
Une majorité des sympathisants macronistes approuve donc cette proposition, contrairement à plusieurs figures du camp présidentiel. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, s’est notamment dite « en total désaccord », invoquant la protection de la Constitution et du Conseil constitutionnel.
La présidente de l’Assemblée nationale avait pourtant pousser une réforme de la constitution en y intégrant l’avortement. Au centre, Gabriel Attal a néanmoins poussé l’idée de référendums sur des sujets comme l’interdiction des réseaux sociaux au mineurs pourtant censurée par le Conseil constitutionnel.
A gauche comme à droite, des candidats se sont prononcés en faveur de référendums, c’est le cas de Marine Le Pen avec son projet sur le voile islamique tandis que Jean-Luc Mélenchon avait défendu une consultation nationale sur les retraites.
Ce débat intervient alors qu’Emmanuel Macron a multiplié les annonces de référendums depuis 2017 : sur les institutions, le climat, l’immigration ou les retraites, sans jamais en organiser un seul, le dernier datant de 2005 avec la constitution européenne, vote sur lequel Nicolas Sarkozy était revenu en imposant le traité de Lisbonne.