Des familles dont les enfants scolarisés dans des écoles des 9ème, 11ème et 15ème arrondissements accusent les responsables municipaux d’avoir ignoré des alertes répétées. La plainte, déposée le 4 septembre auprès du parquet de Paris, vise également Patrick Bloche, ancien premier adjoint chargé des affaires scolaires.
Des responsabilités « au plus haut niveau » mises en cause
Le collectif MeTooEcole, appuyé par des avocats de l’Alliance des avocats pour les droits de l’Homme, cherche à établir « les mécanismes qui ont permis à une omerta systémique de perdurer ».
La plainte évoque la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d’infractions sur des enfants parfois âgés de deux à quatre ans. Selon les plaignants, la Ville et sa direction des affaires scolaires avaient connaissance du « caractère systémique du péril » dès le printemps 2025, via des signalements de familles restés en interne et des alertes documentées, sans prendre les mesures de protection nécessaires.
Le 31 août, sur BFM TV, la sénatrice LR Agnès Evren accusait déjà les socialistes : « Depuis 2015, les notes remontaient. Hidalgo ne vient pas. Les parents retirent les enfants. Ce n’est plus un angle mort. C’est un rideau ».
Cette action s’ajoute à trois plaintes déposées fin août contre Anne Hidalgo et Patrick Bloche pour non-assistance à personne en danger. Une vingtaine d’élus de droite, dont Rachida Dati, ainsi que le groupe LFI, avaient déjà effectué un signalement au parquet.
Depuis le 1er janvier 2026, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Plus de 200 enquêtes pénales sont en cours.
Sur X, un internaute se félicite de l’action judiciaire : « Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire visés par une plainte. Il était temps. Des familles n’en peuvent plus des communiqués, des audits promis et des « priorités absolues » brandies une fois le scandale trop visible ».
Emmanuel Grégoire, qui a fait de la lutte contre ces violences une « priorité absolue », doit être entendu le 8 septembre par la mission d’information de la Ville en tant qu’ancien adjoint aux ressources humaines. Il sera également auditionné au Sénat à la mi-septembre. Son entourage a indiqué qu’il se tenait « naturellement à disposition » de la justice.
Anne Hidalgo, qui a décliné l’invitation de la mission parisienne en raison d’une incompatibilité d’agenda, doit également être entendue au Sénat, de même que Patrick Bloche.
L’avocat d’Anne Hidalgo avait auparavant assuré qu’il n’y avait eu « ni défaillance, ni faiblesse, ni inaction » de sa part.