France

Rénovation thermique des écoles : le gouvernement réduit de 40 millions d’euros le plan d’urgence canicule

En pleine canicule de juin, une enveloppe d’environ 50 à 60 millions d’euros avait été annoncée pour adapter des milliers d’écoles. L’exécutif a finalement réduit ce plan à 16 millions d’euros, concentrant les moyens sur 2500 établissements prioritaires.

Le gouvernement a décidé, au cœur de l'été, de raboter fortement le plan d'urgence destiné à améliorer le confort d'été dans les écoles. Annoncé fin juin alors que près de 4 000 établissements fermaient et 11 000 adaptaient leurs horaires, le dispositif a vu son ambition divisée par près de cinq.

Un « recadrage » décidé à Matignon

Le 26 juin, la Banque des territoires et le programme Actee, en partenariat avec l'État, présentaient un plan de 50 millions d'euros (porté ensuite à près de 60 millions) pour l'adaptation climatique de 12 500 écoles alors que le pays s'était trouvé paralysé par la canicule. Un premier volet de 10 millions d'euros visait le diagnostic des 2 500 établissements les plus vulnérables, avec un financement partiel de travaux passifs (brasseurs d'air, volets, protections solaires). Quarante millions d'euros supplémentaires devaient permettre d'accompagner 10 000 autres écoles dans les phases préalables aux travaux.

Selon les informations du Monde et de Politico, Matignon a informé fin juillet Actee du choix de réduire l'enveloppe à 16 millions d'euros. « Nous avons été informés fin juillet par Matignon du choix de réduire le plan canicule à 16 millions d'euros », confirme Guillaume Perrin, directeur d'Actee. Les 40 millions gelés seraient a priori fléchés vers le plan d'électrification. Actee parle d'un « recadrage » tout en saluant une « très bonne première avancée ».

La décision suscite néanmoins des réactions vives. Sur X, la députée Sophie Taillé-Polian, du groupe écologiste, a ainsi qualifié le gouvernement d'« irresponsable ».

Face à cette baisse, la Banque des territoires a décidé de rehausser sa propre contribution pour accompagner au moins 5 000 écoles dans la réalisation d'audits. Environ 2 000 dossiers ont déjà été déposés. De son côté, EDF maintient son enveloppe de 80 millions d'euros pour des équipements de rafraîchissement.

Pas suffisant pour le maire écologiste du 11e arrondissement de Paris, David Belliard, qui dénonce les annonces mensongères du gouvernement :  « Pendant la canicule en juin, le gouvernement nous faisait une soi-disant "grande annonce" en promettant 50 millions pour rénover les écoles. 50 millions c'était déjà pas grand-chose... l'été est même pas fini qu'ils viennent de diviser ça par 5 ».

Le recensement des 2 500 écoles prioritaires par l'Éducation nationale n'est pas encore achevé, retardant la mise en œuvre. Matignon, contraint à des équilibrages budgétaires commence déjà à tailler dans le vif.