France

Rentrée 2026 en France : interdiction du portable au lycée et questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles pour près de 12 millions d'élèves

Près de 12 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école ce 1er septembre. Deux mesures phares marquent cette rentrée : l'interdiction des téléphones au lycée et un questionnaire élargi aux violences sexistes et sexuelles, de la grande section à la terminale.

Près de 12 millions de jeunes Français font leur rentrée scolaire ce mardi, dans un contexte de nouveautés majeures annoncées par le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray.

L'extension de l'interdiction des portables aux lycées et l'ajout de questions sur les violences sexistes et sexuelles au questionnaire annuel sur le harcèlement s'imposent comme les changements les plus commentés, dans un contexte de rentrée sous tension.

Portables bannis et parole libérée ?

L'interdiction de l'utilisation du téléphone portable et des objets connectés entre en vigueur dans les lycées, sur le modèle déjà appliqué dans les collèges. Les élèves devront garder leurs appareils éteints et rangés, sauf dérogations prévues dans le règlement intérieur (usages pédagogiques, paiement à la cantine ou handicap). Le ministre a justifié cette mesure par une « urgence sanitaire » face à l'addiction aux écrans, soulignant qu'aucun argument sérieux ne rend le téléphone indispensable en cours. Mais la mesure, si elle est largement saluée sur le principe, est également critiquée pour son application. Anne Coffinier, fondatrice de la Fondation Kairos, a affirmé sur CNews le 31 août : « Décidée dans l'urgence, cette mesure risque surtout d'ajouter de la désorganisation sans s'attaquer au vrai problème : notre dépendance collective aux écrans ».

Parallèlement, un questionnaire anonyme sur les violences sexistes et sexuelles sera ajouté à celui sur le harcèlement, distribué de la grande section à la terminale à environ 10 millions d'élèves. Les jeunes pourront laisser leurs coordonnées s'ils souhaitent rencontrer un adulte « de confiance ». Édouard Geffray anticipe des résultats « sismiques », rappelant qu'un enfant sur dix est victime de telles violences, souvent dans le cercle familial, et que l'Éducation nationale a émis 88 000 informations préoccupantes l'an passé. Là encore, la mesure subit de nombreuses critiques, la violence, notamment sexuelle, s'exerçant aussi en milieu scolaire, parfois par des professionnels de l'éducation eux-mêmes.

Ces mesures s'accompagnent d'autres ajustements, comme la généralisation de l'éducation financière en 4e ou une commémoration autour du 11-Novembre. Les établissements doivent encore adapter leurs règlements, tandis que certains syndicats pointent des difficultés pratiques de mise en œuvre.