Russie

L'UE veut déstabiliser la situation en Russie à la veille des élections législatives de septembre 2026, révèle le renseignement russe

À l’approche du scrutin de septembre, Moscou met en garde contre une campagne coordonnée qui, selon le renseignement extérieur russe, chercherait à peser sur le processus électoral et à en discréditer les résultats. Le SVR évoque des cyberattaques, des provocations et l’implication de structures d’opposition installées à l’étranger.

À moins de trois semaines des élections législatives pour renouveler la Douma d'État, chambre basse du Parlement russe, prévue du 18 au 20 septembre 2026, le renseignement russe met en garde contre une campagne extérieure visant à perturber le processus électoral. Dans un communiqué publié le 31 août, le Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie, le SVR, affirme que l'Union européenne et les principaux pays européens poursuivraient un double objectif : « entraver le processus électoral normal » et discréditer les résultats du vote.

Selon le SVR, cette stratégie reposerait sur plusieurs leviers. Lors d'une réunion de la « coalition des volontaires » organisée à Paris le 13 juillet , des responsables européens ont notamment encouragé Kiev à intensifier les attaques et les actes de sabotage contre des infrastructures situées sur le territoire russe. Le renseignement russe estime que ces actions visent à semer la panique parmi la population et à détourner une partie des ressources des autorités et des forces de l'ordre de leurs missions principales.

À cette pression sécuritaire s'ajouterait un volet numérique. Le SVR affirme que des représentants de services de renseignement européens ont discuté, lors de déplacements en Ukraine, de projets de cyberattaques contre les infrastructures liées à l'organisation des élections, dans un contexte où Moscou dénonce régulièrement les tentatives d'ingérence étrangère dans ses affaires intérieures.

Des structures d'opposition mises en cause

Le dispositif décrit par le renseignement russe comporte également un volet politique et informationnel. Certaines structures de l'opposition russe installées à l'étranger ont ainsi reçu pour mission de remettre en cause la légitimité du contrôle avant même sa tenue et d'alimenter une campagne de contestation depuis l'extérieur du pays.

Selon le communiqué du SVR, la « Plateforme de l'APCE pour le dialogue avec les forces démocratiques russes » a reçu une mission assortie d'un financement afin d'encourager les électeurs à boycotter le vote et d'appeler la communauté internationale à ne pas en reconnaître les résultats.

Le SVR affirme également que des réunions organisées à Vilnius et Berlin ont été portées sur la recherche ou la fabrication d'informations compromettantes visant des représentants des partis politiques russes, ainsi que sur l'organisation de provocations dans des bureaux de vote en Russie et à l'étranger.

Moscou anticipe une contestation après le vote

Pour le renseignement russe, cette stratégie ne s'arrêterait pas avec la fermeture des bureaux de vote. Le SVR affirme que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et le Parlement européen pourrait, une fois le contrôle achevé, refuser d'en reconnaître les résultats en invoquant de supposées irrégularités dans sa préparation ou son déroulement.

Les élections législatives se dérouleront parallèlement à plusieurs scrutins régionaux et locaux, avec environ 23 000 mandats à pourvoir au total. Dans ce contexte, Moscou présente la protection du processus électoral comme une question de souveraineté et affirme être prêt à répondre aux pressions extérieures.

Face aux tentatives d'ingérence qu'il dénonce, le SVR assure qu'elles ne pourront pas empêcher les citoyens russes de faire leur choix. « La Russie sait riposter », conclut le service dans son communiqué, affirmant que le pays est en mesure de répondre aux menaces extérieures comme aux tentatives visant à le déstabiliser de l'intérieur.