France

École en France : une rentrée sous tension entre précarité et violences

À la veille de la rentrée en France, les familles affrontent un double défi : le coût des fournitures qui pèse lourd sur les budgets modestes et la perte de confiance liée aux scandales de violences dans le périscolaire, notamment à Paris.

La rentrée scolaire 2026 s’annonce sous haute tension pour des millions de familles en France. Entre les difficultés financières liées aux dépenses de septembre et l’inquiétude persistante face aux violences signalées dans les temps périscolaires, la confiance des parents reste fragile.

Confiance ébranlée dans un contexte d’abus massifs

Les scandales de violences physiques et sexuelles dans le périscolaire continuent de marquer les esprits. À Paris, 132 animateurs ont été suspendus depuis début 2026, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Des enquêtes portent sur des dizaines d’écoles, et des procès s’ouvrent, comme celui d’un animateur du 15eme arrondissement.

Des affaires similaires ont éclaté cet été à Biarritz et Tarnos. « La confiance n’est pas du tout revenue chez les parents », souligne Anne, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire. Beaucoup renoncent à la cantine ou aux activités après l’école : les inscriptions en centres de loisirs parisiens ont chuté de 16 % cet été.

Un sondage Odoxa indiquait déjà en mai que 65 % des parents s’inquiétaient des risques d’abus tandis qu’une plainte contre l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo a déjà été déposée et que d’autres pourraient voir le jour.

Des budgets sous pression

Parallèlement, la précarité pèse lourd. Même si le panier de fournitures pour un collégien a baissé à environ 181 euros selon Familles de France, les frais de vêtements, cantine et garde restent élevés. Près de trois millions de familles perçoivent l’allocation de rentrée scolaire (426 à 466 euros selon l’âge), essentielle pour beaucoup. « Deux tiers des bénéficiaires déclarent qu’elle leur permet de couvrir des dépenses impossibles autrement », rappellent les études.

Cependant des voix s’élèvent contre une allocation jugée trop importante tandis que le renouvellement de tout le matériel n’est pas nécessaire chaque année, comme cela a pu être rappelé sur plusieurs plateaux radio, notamment sur Sud Radio.

À La Réunion, où 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, les initiatives de seconde main se multiplient. L’été caniculaire a aussi laissé des traces : fatigue, dette de sommeil et tensions sur la santé mentale des jeunes. Des collectifs et des élus réclament plus de transparence et de contrôles.