En retrait relatif depuis deux ans, Bruno Le Maire revient dans le débat présidentiel avec un texte présenté comme celui d'« un homme libre », sans exclure de participer à la course à l'Élysée.
Après un passage à Bercy marqué par l'explosion de la dette française, le transfuge des Républicains devenus macronistes tente de se relancer dans l'arène politique française.
Des leçons contestées après un bilan évoqué
Dans son manifeste « pour une autre France », Bruno Le Maire fixe trois priorités. Sur l'autorité, « l'État doit restreindre le champ de son action à la sécurité du territoire, à la protection des personnes, à l'éducation et à la santé. Tout le reste doit être délégué ».
Pour la prospérité, il appelle à rompre avec l'idée de « travailler moins et gagner plus » et dénoncer les 1 300 milliards d'euros de dette supplémentaire accumulés depuis 2017, alors que tous les indicateurs sont au rouge en France à quelques mois de l'élection présidentielle.
Enfin, lui qui est très critique du déclin européen depuis qu'il n'est plus aux affaires, plaide pour une fédération d'États-nations à six afin de renforcer la souveraineté européenne. L'ancien locataire de Bercy propose également la désindexation des pensions et aides sociales, un âge de départ à la retraite à 65 ans avec une part de capitalisation, ainsi qu'une hausse de 2 à 3 points de TVA compensée par une baisse des charges.
Sur X, les réactions n'ont pas tardé. Le sénateur Thierry Cozic a écrit : « 10 ans de politique budgétaire d'Emmanuel Macron, c'est 1 500 Mds de dette supplémentaire. Cette politique avait un serviteur zélé : Bruno Le Maire. La décence lui intimerait l'ordre de se taire ».
De nombreux comptes, comme celui de « Brèves de presse », suivi par plus de 300 000 personnes, ont souligné son rôle dans la dette et la situation économique actuelle, rappelant son bilan au ministère de l'Économie : « Après 7 ans à Bercy : +1 million de pauvres, +1000 milliards d'€ de dette, croissance atone, chômage au plus haut depuis 7 ans ».
Ces critiques rappellent que, durant ses sept années au ministère de l'Économie, la dette publique a fortement progressé, les déficits se sont creusés et de nombreuses réformes structurelles sont restées inachevées. L'intéressé rétorque pourtant : « Pour changer de modèle, il faut le connaître dans ses moindres rouages ».