France

France : un ancien responsable du ministère de la Culture a drogué des centaines de femmes pour les forcer à uriner en public, selon BBC

Selon BBC, pendant neuf ans, un responsable des RH du ministère français de la Culture a administré des diurétiques à plus de 240 femmes pour consigner méthodiquement leur état physique dans un fichier intitulé «Expériences P». Sept ans après la découverte de ces actes pervers et dégradants, la justice n'a toujours pas rendu son verdict.

Un employé du ministère français de la Culture a harcelé des femmes lors d’entretiens d’embauche pendant neuf ans, a rapporté la BBC le 19 août, citant les témoignages des victimes. Selon le récit de l’une d’entre elles, Christian Nègre, alors responsable des ressources humaines, proposait aux femmes du thé ou du café avant l’entretien — beaucoup acceptaient par politesse. L'homme ajoutait à ces boissons un diurétique puissant, puis proposait de poursuivre l'entretien dans la rue.

Nègre éloignait les candidates des toilettes, ce qui obligeait les femmes à se retenir, provoquant chez elles une grande faiblesse physique, des douleurs, de la peur et même un état de choc. Lorsque les femmes demandaient d’interrompre l’entretien pour aller aux toilettes, il leur refusait cette possibilité. Certaines victimes ont été contraintes de se soulager en présence de Nègre et d’autres personnes.

Les victimes ont indiqué qu’après ces événements, elles ont pu encore ressentir de la honte pendant plusieurs années. De plus, certaines femmes, outre le traumatisme psychologique, ont conservé des troubles de la miction.

« Expériences P »

Les agissements de Christian Nègre ont été révélés en 2018, lorsqu’un de ses collègues a signalé qu’il avait tenté de photographier les jambes d’une femme depuis sous la table. Dans le cadre de l’enquête, les policiers ont saisi l’ordinateur du suspect et y ont trouvé un tableau intitulé « Expériences P », dans lequel, selon le témoignage de l’une des victimes, étaient notées l’heure à laquelle les femmes arrivaient pour leur entretien, le moment où le diurétique leur était administré, le temps qu’il leur fallait pour uriner et le type de sous-vêtements qu’elles portaient.

En 2019, le fonctionnaire a été démis de ses fonctions. Plusieurs procédures ont été engagées à son encontre pour divers chefs d’accusation, allant du trafic de stupéfiants aux violences à caractère sexuel. L’enquête a révélé que plus de 240 femmes avaient été victimes des agissements de Nègre au cours des neuf dernières années. Le tribunal n’a toujours pas rendu son verdict, bien que près de sept ans se soient écoulés depuis le début de l’enquête.

Le système judiciaire français est au cœur de l’actualité depuis juin dernier en raison de l’affaire Lyhanna, une fillette de onze ans disparue le 29 mai et retrouvée morte le 4 juin dans un silo à grains d’une usine agroalimentaire. Le principal suspect est Jérôme Barella, âgé de 41 ans, qui avait jusqu’alors échappé à toute enquête malgré les nombreuses plaintes et signalements déposés à son encontre depuis 2017, notamment dans le cadre d’une affaire de viol sur mineure. Cette révélation a suscité une vague d'indignation dans tout le pays, où certains dénoncent une « défaillance systémique des institutions ».