France

Fonction publique : face aux contraintes budgétaires en France, l’État appelé à rationaliser les primes de ses agents

Dans une revue de dépenses publiée discrètement fin juillet, l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale de l'administration (IGA) recommandent de réduire le nombre de primes des agents de l'État. Elles représentaient 19,1 milliards d'euros en 2025.

Sans communication particulière, l'Inspection générale des finances (IGF) a mis en ligne le 24 juillet une « revue des dépenses » sur les primes et indemnités de la fonction publique d'État, réalisée avec l'Inspection générale de l'administration (IGA). Le rapport, demandé par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, en février, vise à « renforcer la cohérence de la politique de rémunération », « limiter le nombre » de ces dispositifs et garantir une trajectoire conforme aux finances publiques.

Entre 2015 et 2025, la part des primes dans la rémunération des agents est passée de 20,4 % à 25 %, pour un coût total de 19,1 milliards d'euros.

Malgré une baisse de 628 à 543 primes, les objectifs de simplification et de lisibilité n'ont été que « partiellement atteints », constatent les inspections. Ce système agace jusque dans le privé, où les salariés voient leur gratification s'effacer dès lors que les résultats de l'entreprise sont moins bons.

Elles préconisent une revue annuelle dans chaque ministère, ciblant en priorité les primes à faible montant (moins de 100 euros par an pour 22 d'entre elles) ou concernant peu d'agents (185 concernaient moins de 100 personnes en 2025).

Pour le « flux », elles recommandent de conditionner toute nouvelle prime à la suppression ou à la fusion d'une autre, et de limiter dans le temps les nouveaux dispositifs. Certaines indemnités sont jugées d'une efficacité « discutable ». L'indemnité de résidence à l'étranger, versée à 6 299 agents pour 486 millions d'euros (77 000 euros en moyenne par bénéficiaire), dépasserait parfois la simple compensation des charges, notamment dans l'Union européenne.

Sur X, une internaute se disant proche de La France insoumise dénonce pour sa part l'inégalité de traitement entre les fonctionnaires, arguant que les professeurs ne profitent pas suffisamment du système de primes.

Le forfait télétravail, créé pendant le Covid et bénéficiant à 243 000 agents pour un coût de 30 millions d'euros, pourrait être restreint aux seuls cas imposés par l'administration.

Autre critique apportée au rapport de l'IGF : certains estiment que ses services comptent parmi les plus gourmands en primes. « C'est le comble de demander à l'IGF un rapport sur les primes dans la fonction publique. Tout fonctionnaire sait que c'est au ministère de l'Économie et des Finances que les primes sont les plus obscures et les plus élevées ! »

L'État dépensier qui appelle les Français et les entreprises à faire des efforts semble désormais contraint de faire le ménage dans les primes de ses propres agents. Ces propositions sensibles s'inscrivent dans l'effort de maîtrise des dépenses publiques, alors que le déficit est encore reparti à la hausse au début du mois d'août.