Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris après la plainte déposée le 25 juin par une fonctionnaire des services du Premier ministre, surnommée Flore, qui accuse quatre supérieurs hiérarchiques de harcèlement moral, rapporte un article du Monde du 4 août. Ce dépôt intervient deux mois après une tentative de suicide de l'agent, qui avait cherché à se jeter sur les voies ferrées d'une gare parisienne avant d'être sauvée par un passant.
Le même jour, un représentant du personnel des services du Premier ministre (SPM) a effectué un signalement auprès de la justice pour « harcèlement moral » et « mise en danger d'autrui ». Le document dénonce de possibles manquements de l'employeur dans son obligation de protection et alerte sur une série de suicides, tentatives de suicide et décès suspects survenus au sein de ces administrations chargées de coordonner l'action gouvernementale.
Plusieurs suicides et tentatives de suicide
Selon ce signalement mentionné dans Le Monde, plusieurs drames se sont succédé en quelques mois. En octobre 2025, un agent des services de l'information légale et administrative aurait tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. En mars 2026, un fonctionnaire du secrétariat général pour l'investissement s'est suicidé à son domicile, suivi deux jours plus tard par un employé du service courrier du secrétariat général du gouvernement, qui s'est jeté sous un train.
En avril, Flore a été hospitalisée pour un « risque suicidaire » après une tentative de suicide qu'elle attribue à des mois de « faits répétés » de harcèlement de la part de sa hiérarchie, évoquant notamment un retrait progressif de ses responsabilités, des humiliations publiques et son affectation dans un bureau situé au sous-sol.
Le représentant syndical à l'origine du signalement dénonce « la passivité et l'inaction » de l'administration face à cette accumulation de drames. Il estime que la fonction publique d'État accuse un retard dans la prévention des risques psychosociaux et appelle à une prise de conscience sur la responsabilité de l'employeur.
L'avocate de Flore, Christelle Mazza, évoque une « inertie collective » et relève la dégradation du climat de travail durant la période d'instabilité politique ouverte par la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024 et la succession de gouvernements. Elle pointe une crise plus large touchant les services publics, qualifiant ces suicides répétés de « scandale d'État ».
Face aux accusations, les services du Premier ministre indiquent avoir lancé plusieurs enquêtes administratives et assurent que la prévention des risques psychosociaux constitue une priorité. La direction des services administratifs et financiers précise toutefois que les situations évoquées sont « très différentes » et que chaque dossier suit sa propre procédure.