« Malgré la liberté d’expression officiellement proclamée, la France connaît un renforcement du contrôle exercé sur les médias et les journalistes qui font preuve d’indépendance et se démarquent du discours médiatique dominant », a constaté le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce 2 août sur sa chaîne Telegram. Celui-ci a renvoyé à un rapport publié mi-juin, réalisé conjointement avec son homologue biélorusse, sur la situation des droits de l’homme à travers le monde. Un rapport-fleuve de 1769 pages et dont 60 sont justement dédiées à ce pays souvent désigné comme la « patrie des droits de l’homme ».
« L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), régulateur national des médias, occupe une place centrale dans ce dispositif, adressant des mises en garde aux médias jugés indésirables et leur infligeant des amendes », a ajouté le ministère russe, rappelant le verdict prononcé contre C8 et NRJ12 « sous le prétexte absurde d’un "manque de pluralisme à l’antenne" ». Une décision dont la « légalité », a rappelé le ministère russe, a été « confirmée » en février 2025 par le Conseil d’État.
Cette décision de l’Arcom n’avait pas été, en France, sans provoquer une forte polémique liée à Cyril Hanouna, le présentateur vedette de C8, critique à l’endroit d’Emmanuel Macron.
« Les autorités françaises ont totalement évincé les médias russes du paysage audiovisuel national », a rappelé le ministère, évoquant le destin funeste de RT France et de Sputnik. Une actualité qui a resurgi ces derniers jours avec les décisions prises par l’exécutif français d’expulser puis de geler les avoirs de l’ancienne directrice de RT France, Xénia Fedorova, dans le collimateur des pro-Kiev depuis qu’elle était médiatiquement réapparue comme chroniqueuse sur la chaîne CNews.
France : un appareil policier en plein boom
Mais au-delà des médias, souligne également la diplomatie russe, les associations ne sont pas en reste avec le record détenu par la macronie en matière de dissolutions administratives. « De mai 2017 à janvier 2026, 49 associations au total ont été dissoutes de manière extrajudiciaire (certaines de ces décisions ayant par la suite été annulées par le Conseil d’État), soit plus d’un tiers du nombre total d’associations liquidées depuis 1958, date de l’instauration de la Ve République », peut-on lire.
Par ailleurs, le ministère s’est attardé sur le renforcement récent de l’appareil policier français. « Dans le cadre de la lutte contre les ingérences étrangères, les prérogatives des services de renseignement en matière de recours à des dispositifs de traitement automatisé, massif et indifférencié des données de communications électroniques sont étendues, à titre expérimental, pour une durée de trois ans », a souligné le ministère russe, estimant qu’« une telle pratique peut, de fait, être assimilée à une forme de surveillance dans l’espace numérique ».
« Il y a de plus en plus de preuves de l’interception massive de métadonnées par les services de renseignement français, effectuée de manière extrajudiciaire et sans l’aval de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Les opérateurs de réseau mobile sont contraints, de manière officieuse, d’accorder aux services de renseignement un accès sans entrave aux bases de données et aux métadonnées de leurs clients », a ajouté le ministère dans ce communiqué qui ne parle même pas du concept « d’ingérence intérieure » fraichement accouché dans un rapport sénatorial.