France

La France, épicentre mondial des «attaques à la clé à molette» contre les cryptos

Selon un rapport de CertiK, la France concentre 33 des 52 attaques physiques contre des détenteurs de cryptomonnaies recensées dans le monde au premier semestre 2026, soit près des deux tiers. Les pertes potentielles explosent.

La France s’impose comme le pays le plus touché par les violences physiques visant les détenteurs de cryptomonnaies. Le rapport semestriel publié le 22 juillet par CertiK dresse un constat alarmant : sur 52 attaques dites « à la clé à molette » recensées dans le monde, 33 se sont produites en France.

L’Europe concentre 39 de ces 52 agressions, confirmant la forte concentration géographique du phénomène. Ces attaques recourent à la violence, à l’intimidation ou à la torture afin d’obtenir des clés privées, des mots de passe ou des transferts de fonds. L’exposition financière associée à ces agressions a atteint 124,1 millions de dollars, contre 10,5 millions au premier semestre 2025, soit près de douze fois plus. Le nombre d’incidents a, lui, augmenté de 33 %.

Les cambriolages à domicile ont connu la progression la plus spectaculaire, passant d’un cas au premier semestre 2025 à vingt un an plus tard, tandis que les enlèvements sont passés de douze à seize cas. « La France abrite un écosystème de cryptomonnaies important et visible, comprenant des plateformes d’échange, des fondateurs, des investisseurs […] », explique CertiK.

Le rapport souligne également le rôle des fuites de données, qui permettent aux criminels de relier l’identité, l’adresse et l’entourage d’une personne à ses avoirs numériques. Sur X, un internaute interpelle un éditorialiste macroniste : « La France est surtout l'anti modèle de la fuite de données, l'épicentre de l'insécurité numérique, la capitale du braquage crypto. »

Cette tendance prolonge une vague amorcée en 2025, marquée notamment par des affaires emblématiques comme la tentative d’enlèvement de la fille de Pierre Noizat, dirigeant de Paymium, et par la séquestration de David Balland, cofondateur de Ledger, mutilé par ses ravisseurs.

Ces agressions contournent les protections informatiques en prenant directement pour cible les détenteurs de cryptomonnaies et leur entourage. Les spécialistes recommandent notamment de ne jamais divulguer sa seed phrase (phrase de récupération), d’utiliser des dispositifs multisignatures et de renforcer la sécurité physique du domicile.

Les autorités françaises, conscientes du problème, multiplient les arrestations, mais la visibilité de l’écosystème du pays continue d’attirer les réseaux criminels organisés.