Daniel Siad, recruteur de mannequins et présenté par plusieurs plaignantes comme un intermédiaire présumé du réseau de Jeffrey Epstein, a été retrouvé mort dans la soirée du 20 juillet à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine). Le parquet de Nanterre a annoncé l'ouverture d'une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à la police judiciaire des Hauts-de-Seine. Une autopsie doit être pratiquée afin de déterminer les circonstances précises du décès.
Selon Le Parisien, l'homme de 69 ans aurait succombé à un arrêt cardiaque. Au moment de sa mort, il faisait l'objet d'une enquête préliminaire à Paris, menée par l'office spécialisé dans la lutte contre la traite des êtres humains, après plusieurs plaintes, notamment pour viols. Daniel Siad contestait l'ensemble des accusations portées contre lui. Son avocate, Menya Arab-Tigrine, a affirmé qu'il souhaitait être entendu par les enquêteurs afin de présenter sa version des faits, regrettant qu'aucune audition n'ait eu lieu avant son décès.
La première plainte avait été déposée en février par l'ancienne mannequin suédoise Ebba P. Karlsson. Celle-ci affirme avoir identifié Daniel Siad dans les archives déclassifiées de l'affaire Epstein et l'accuse de l'avoir violée lorsqu'elle avait 20 ans avant de l'avoir présentée à Gérald Marie, ancien dirigeant de l'agence Elite, également mis en cause par plusieurs femmes. Les deux hommes ont toujours nié ces accusations.
Le doute prévaut
La mort de Daniel Siad suscite de vives réactions parmi les plaignantes et leurs avocats. Plusieurs estiment que cette disparition prive les victimes potentielles d'une étape importante dans la révélation de la vérité. Les conseils d'Ebba P. Karlsson et de Lisa Brinkworth dénoncent une « faute grave » du parquet de Paris, estimant que l'intéressé aurait dû être entendu plus rapidement par les enquêteurs.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s'interrogent sur les circonstances du décès, certains jugeant cette disparition « troublante » alors que Daniel Siad devait prochainement être entendu par la justice, selon l'avocate de plusieurs victimes de Jean-Luc Brunel.
Cette affaire ravive les comparaisons avec les décès de Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule en 2019, et de Jean-Luc Brunel, qui s'était suicidé en détention en 2022, alors qu'ils faisaient tous deux l'objet de poursuites judiciaires.