La Banque africaine de développement mobilise 13 millions de dollars pour tenter d’endiguer l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo et l’Ouganda et menace les pays voisins. L’aide comprend une enveloppe de 10 millions de dollars destinée à la riposte en RDC. Issue d’une réaffectation des ressources du portefeuille congolais de la Banque, elle sera mise en œuvre par l’Organisation mondiale de la santé.
Trois millions de dollars supplémentaires financeront un programme régional associant la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Ce volet, placé sous la responsabilité du CDC Afrique, doit renforcer la préparation des systèmes sanitaires et prévenir une nouvelle propagation transfrontalière.
Selon la BAD, ce financement « vise à interrompre la propagation du virus et à réduire la mortalité et la morbidité liées à l’épidémie dans les zones les plus touchées et les plus vulnérables ». L’appui doit notamment renforcer le diagnostic précoce, la surveillance épidémiologique, l’engagement communautaire, la sensibilisation des populations et la coordination régionale.
Le directeur général adjoint de la BAD pour l’Afrique centrale et responsable de son bureau en RDC, Mohamed Cherif, a déclaré qu’à travers cet appui, le Groupe de la Banque réaffirmait son engagement à rester présent dans les pays membres régionaux en situation de crise.
« L’épidémie conserve une longueur d’avance »
Selon le dernier bilan communiqué par l’OMS le 22 juillet, la RDC recense désormais 999 décès pour 2 473 cas confirmés depuis le début de l’épidémie, déclarée à la mi-mai. En Ouganda, le bilan reste de 20 cas confirmés et deux décès. Les autorités ougandaises n’ont signalé aucun nouveau malade depuis près d’un mois.
Pour déclarer officiellement la fin de l’épidémie, l’Ouganda devra encore observer la période réglementaire sans nouveau cas. L’épidémie est causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique, même si des essais sont en cours.
Lors d’une conférence de presse à Genève, Thierno Baldé, responsable de la gestion de l’incident à l’OMS en RDC, a déclaré que « l’épidémie conserve une longueur d’avance sur nous et nous sommes encore dans une phase où nous tentons de rattraper son évolution ».
Il a précisé que certaines zones, notamment Bunia, dans la province de l’Ituri, et ses environs, connaissaient une transmission très intense. Le contrôle de la situation dans ces foyers demeure, selon lui, une priorité pour l’OMS.