France

Pédocriminalité en France : après le fiasco Lyhanna, Darmanin annonce l'incarcération de 675 individus

Lors d’une séance aux questions à l’Assemblée nationale, le ministre français de la Justice a annoncé que plus de 85 000 dossiers et plaintes pour violences sexuelles sur mineurs avaient été recensés en France. Plus du tiers des procédures concernent des viols, a précisé Gérald Darmanin devant les députés.

85 047 : c’est le nombre de « dossiers » et de plaintes « découvertes » pour violences sexuelles contre des mineurs « aujourd’hui recensées dans les parquets de la République », a annoncé ce 15 juillet le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, à l’occasion des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Début juin, dans la foulée du tollé provoqué par l’enlèvement, le viol et le meurtre de la jeune Lyhanna – une collégienne de 11 ans dont le corps avait été retrouvé quelques jours plus tôt dans un silo agricole du Gers –, le Garde des Sceaux avait donné « jusqu’au 14 juillet » aux procureurs pour réétudier les « 70 000 » dossiers de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs.  

Un coup de collier qui n’a pas été sans conséquences, à en croire l’hebdomadaire Le Point, qui avait rapporté fin juin que policiers et gendarmes auraient reçu l’ordre de lever le pied sur les interpellations jusqu’à la fin du réexamen de ces dossiers.

L’institution judiciaire française était alors sous le feu des critiques. Déjà régulièrement accusée de laxisme dans l’opinion publique, la Justice n’avait pas – dans le cas de l’affaire Lyhanna – inquiété le tueur présumé, Jérôme Barella, et ce alors même qu’il avait fait l’objet de multiples plaintes et signalements. De leur côté, syndicats et magistrats s’étaient défaussés sur Gérald Darmanin, brandissant un manque de moyens. Fin juin, un prérapport d’inspection avait rendu des conclusions accablantes sur cette défaillance de la justice française.

85 000 plaintes déposées pour « au moins » 160 000 victimes annuelles

« 38% de ces procédures concernent des faits criminels », a précisé Darmanin, indiquant ainsi qu’elles concernent des viols et pas seulement des agressions sexuelles et que « 970 dossiers » étaient « prioritaires » et « vont être réglés dans les prochaines semaines ». Il a par ailleurs annoncé « l’ouverture de 1350 informations judiciaires ».

Interrompu par la présidente de la chambre basse, le ministre a poursuivi sur les réseaux sociaux, annonçant sur X l’incarcération de « 675 personnes ». Des chiffres en hausse, respectivement, de « 309 % » et « 173 % ». « Il ne faudrait pas s’imaginer qu’ils n’auraient pas eu lieu si nous n’avions pas fait ce travail de recensement. C’est juste que cela ne se serait pas fait dans la même temporalité », a surenchéri le ministre français selon des propos rapportés par Le Figaro.

Au-delà de ces dizaines de milliers de plaintes déposées, les violences sexuelles à l’encontre des mineurs sont un véritable fléau en France, longtemps passé sous silence. D’après des chiffres de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) repris par le gouvernement français, « au moins 160 000 enfants subissent des violences sexuelles chaque année » dans l’Hexagone.