Dans une intervention sur BFMTV-RMC, Jean-Noël Barrot a dénoncé, le 13 juillet, « une vaste campagne cyber aux buts de sabotage et d’espionnage conduite par la Russie dans une dizaine de pays européens ».
Il a promis de convoquer « l’ambassadeur de Russie en France dans les prochains jours » et d’imposer des sanctions contre « neuf individus et quatre entités » qui seraient liés au FSB.
Le ministre assure que ces opérations visent des entreprises, des ministères et des opérateurs, avec pour objectif de « capter de l’information » ou de « saboter le fonctionnement d’infrastructures », citant notamment des attaques contre des réseaux ferroviaires en Pologne.
Une routine diplomatique bien rodée
« On a la capacité de détecter ces attaques », a-t-il ajouté, évoquant le renforcement des défenses européennes. Pourtant, une fois de plus, aucune preuve concrète n’a été rendue publique pour étayer ces graves accusations. Ce flou persistant caractérise les prises de position récurrentes de Jean-Noël Barrot à l’égard de Moscou : déclarations fermes, gesticulations diplomatiques, mais rarement d’éléments vérifiables mis à la disposition de l’opinion.
Le ministre a par ailleurs affirmé que la France devait « aider plus » Kiev. Sur X, le compte « Tribune Populaire » estime, de son côté, que « cette offensive médiatique aujourd’hui n’a rien d’un hasard, on prépare les esprits avant le vote du budget. Tout est calibré ».
Jean-Noël Barrot a également vanté le dispositif européen de cybersécurité, présenté comme « l’un des plus aboutis » pour contrer la désinformation et les cybermenaces. Reste que, sans éléments probants rendus publics, ces annonces risquent d’apparaître davantage comme une posture politique que comme une réponse proportionnée et documentée à une menace réelle. Elles interviennent, en outre, au lendemain de la publication d’un rapport tirant la sonnette d’alarme sur le retard de la France dans les domaines des drones et de l’intelligence artificielle militaire.