Tandis que Gabriel Attal, patron de Renaissance, a lancé sa campagne, Édouard Philippe, maire du Havre et président d’Horizons, attire des soutiens venus de la droite et du centre, créant des tensions au sein du bloc présidentiel.
Indécis et stratégies de positionnement
L’annonce de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et membre de Renaissance, constitue un premier coup d’éclat. Sur France Inter, elle a justifié son choix : « Il y a un risque absolument majeur d’un second tour entre le RN et LFI » et estimé qu’Édouard Philippe était « le plus à même aujourd’hui à rassembler très largement, bien au-delà de sa famille politique ».
Gérald Darmanin, proche de Maud Bregeon, maintient le suspense. Le garde des Sceaux, qui prépare un livre pour la rentrée, n’a pas encore tranché mais, acculé dans l’affaire Lyhanna, il pourrait renoncer à une candidature en 2027.
Ses amis chez Philippe espèrent un soutien futur, voyant en lui une « plus-value » pour la campagne, potentiellement pour Matignon.
Élisabeth Borne, ancienne Première ministre comme Philippe et Attal, elle, réunit ses proches autour de son mouvement « Bâtissons ensemble » et a déjà pris ses distances avec Gabriel Attal et prône le « rassemblement » au-delà des ambitions personnelles. Ses soutiens évoquent une ligne allant de la gauche réformiste à la droite sociale, qui pourrait converger vers Philippe si ce dernier élargit son spectre.
Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, absente du grand meeting d’Attal, a rencontré Édouard Philippe, mais son soutien pèsera assez peu car elle ne bénéficie que d’une poignée de fidèles.
Le MoDem de François Bayrou reste en observation. Jean-Noël Barrot a présenté les contours d’un programme centriste : retraite par points, service civique obligatoire, régulation des réseaux sociaux, qu’il propose comme base de négociation. Le député Richard Ramos s’est montré très enthousiaste sur le sujet le 29 juin, affirmant même qu’« il est sur le podium des ministres préférés des Français ».
Sébastien Lecornu, Premier ministre, se concentre officiellement sur sa tâche et écarte toute ambition présidentielle. Pourtant, des voix au sein du gouvernement louent son profil de « chef » capable de fédérer.
Une course aux dynamiques avant l’été
Édouard Philippe accentue son avance symbolique avec des ralliements comme ceux d’Éric Woerth ou Nathalie Kosciusko-Morizet, venus de la droite. Son meeting à l’Adidas Arena doit confirmer cette dynamique. Gabriel Attal, de son côté, mise sur un projet renouvelé et une campagne permanente, tout en rappelant que les vrais soutiens viendront des Français et de déclarer sur LCI le 29 juin sur LCI : « Moi, je ne me bats pas pour collectionner les visages ».
La bataille des héritiers de Macron se poursuit. Entre ambitions personnelles, équilibres politiques et nécessité de barrage face aux extrêmes, les semaines à venir montreront qui saura le mieux incarner l’unité du centre.