Le 20 mai, des perquisitions ont eu lieu à l'Élysée, la résidence du président français Emmanuel Macron, a rapporté Le Monde. Selon le quotidien français, ces recherches s'inscrivent dans le cadre d'une enquête ouverte en 2025 sur d'éventuels faits de corruption liés à la passation de marchés publics avec la société Shortcut Events.
Ces dernières années, cette société était chargée d'organiser de grandes cérémonies pour la présidence. Selon les estimations du Canard enchaîné, chaque événement a coûté environ deux millions d'euros à l'État.
Le Monde a indiqué qu'une tentative de perquisition au palais présidentiel avait déjà été entreprise en avril dernier, mais qu'elle s'était soldée par un échec. Cependant, le même jour, des perquisitions ont pu être menées au Centre des monuments nationaux, qui s'occupe de l'attribution des contrats, dans les bureaux de Shortcut Events et au domicile de plusieurs personnes liées à cette affaire.
L'enquête examine d'éventuelles irrégularités dans l'attribution des marchés publics, notamment des soupçons de favoritisme, de corruption et d'abus d'influence. Auparavant, le parquet avait souligné l'interprétation controversée de l'article 67 de la Constitution française, selon lequel le président bénéficie de l'immunité. Toutefois, selon plusieurs juristes, celle-ci ne s'étend pas aux bâtiments administratifs et aux agents.
De nouvelles perquisitions huit ans plus tard
Le parquet national financier a confirmé les informations du Monde. Il a ajouté que les perquisitions avaient été précédées de discussions. Cette démarche visait à éviter que ne se reproduise la situation d'avril, lorsque l'Élysée avait refusé l'accès aux agents du parquet, invoquant le principe de l'inviolabilité de la résidence du chef de l'État.
L'enquête a été ouverte à la suite d'un article publié par Libération en juin 2024. Selon le quotidien français, Shortcut Events a régulièrement obtenu, pendant plus de 20 ans, des contrats pour l'organisation de cérémonies au Panthéon et a également participé à la préparation d'événements d'État, notamment la commémoration du débarquement en Normandie en 2024.
La dernière perquisition au palais présidentiel remonte à 2018. À l'époque, Alexandre Benalla, assistant du chef de l'administration présidentielle française, avait été accusé d'avoir agressé des participants à la manifestation du 1er mai. Par ailleurs, des perquisitions avaient eu lieu à l'Élysée en 2008 dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste Guy-André Kiffer.