Aux alentours de 23h30, près du canal Saint-Martin, à Paris, le 21 mai, une centaine de supporters niçois, réunis d’abord dans un bar puis sur la voie publique, ont cherché l’affrontement avec les hooligans parisiens venus à leur contact. L'altercation a dégénéré en une importante rixe sur le Quai de Valmy .
A la veille de la finale de la Coupe de France, les autorités redoublent d’attention pour éviter de revivre un fiasco comme lors de la finale de la ligue des Champions de 2022.
Une soirée sous haute tension
Selon la préfecture de police de Paris, les individus « cherchaient manifestement à en découdre avec les badauds ». Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des scènes d’une grande violence : des dizaines de personnes vêtues de noir lançant des chaises et des projectiles sur un bar, brisant les vitrines, tandis que deux groupes s’affrontent à coups de projectiles.
Parmi les groupes en présence, des Ultras de l'OGC Nice, réputé de droite et des groupes hooligans parisiens de l'Indepva91, réputé de gauche, mais aussi les Karsud plus proches des milieux droitiers… Une illustration des rivalités qui dépassent les simples critères politiques.
« Cela commençait vraiment à s’envoyer des bouteilles. D’un coup, il y a une grosse masse qui est arrivée et qui a commencé à déborder et à traverser tout le pont. Je pense qu’il y a des mecs qui ont dû se réfugier dans le bar et donc toute la masse a pris le bar pour cible », a témoigné un riverain auprès de CNEWS.
Six personnes ont été blessées, dont une grièvement par un coup de bouteille à la gorge. Une autre souffre d’un traumatisme crânien. Les forces de police sont rapidement intervenues, procédant à 65 interpellations pour participation à un groupement en vue de commettre des violences. Des armes blanches, des armes par destination, des cagoules et des gants coqués ont été saisis. Au petit matin, le bar L’Atmosphère, où se sont déroulés une partie des affrontements, portait les stigmates de la soirée.
Ces incidents interviennent à la veille d’une finale de Coupe de France classée à risque (niveau 3/5) par la Division nationale de lutte contre le hooliganisme.
Les autorités redoutent particulièrement les contentieux entre groupes ultras, notamment les liens entre certains supporters niçois de la Populaire Sud et des factions lilloises.
La préfecture de police a déployé un important dispositif de 2 200 policiers et gendarmes pour sécuriser la rencontre au Stade de France.
Ces événements rappellent la persistance des problèmes de violences autour du football français, malgré les dispositifs de sécurité renforcés. La répression contre les mouvements ultra a aussi pu renforcer les groupes indépendants plus susceptibles d’avoir recours à la violence.