France

Décès de Lionel Jospin à 88 ans

Lionel Jospin, figure majeure du Parti socialiste et Premier ministre de cohabitation de 1997 à 2002, est décédé dimanche à l’âge de 88 ans. Son parcours, de l’ENA aux réformes emblématiques de la gauche plurielle, s’achève sur le souvenir du 21 avril 2002 et sa défaite au premier tour de la présidentielle face à Jean-Marie Le Pen.

C’est la fin d’une époque pour la gauche française. Né en 1937, ancien trotskiste clandestin, énarque et proche de François Mitterrand, Lionel Jospin a dirigé le PS avant de devenir, à Matignon, l’artisan des 35 heures, du PACS, contrat civil pour les couples homosexuels, et de la CMU, une aide médicale à destination des plus modestes. Il était en outre à l’origine de la décision politique d’arrêt définitif du réacteur nucléaire surgénérateur Superphénix.

Un héritage de réformes et le choc de 2002 

Premier ministre de la troisième cohabitation, il gouverne pendant cinq ans avec les communistes et les Verts dans une « alliance rouge-rose-verte » inédite.

« Il restera l’homme des 35 heures et de l’alliance rouge-rose-verte », a salué son ancien ministre, également issu du trotskisme, Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur de La France insoumise ajoute : « Ce fut un modèle d’exigence et de travail. […] Une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive. »

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, rend lui aussi hommage à un « inspirateur », « un modèle de rectitude » qui « a permis à une génération de gouverner » et laisse « un immense vide ».

De l’autre côté de l’échiquier politique, Marine Le Pen a salué « un adversaire politique dont nous avons combattu la politique lorsqu’il était Premier ministre », ajoutant : « Il n’en reste pas moins qu’il était également un homme de gauche intègre. »

Et c’est bien au nom de Le Pen que la carrière de Jospin sera toujours liée, avec ce 21 avril 2002 qui reste gravé dans les mémoires : éliminé dès le premier tour de la présidentielle, il voit Jean-Marie Le Pen accéder au second tour. « Un coup de tonnerre », reconnaît-il alors, avant de se retirer de la vie politique.

Austère pour les uns, rigoureux pour les autres, il assumait ce trait : « Je suis un rigide qui évolue, un austère qui se marre. »