France

Succession de Jack Lang à l’IMA : trois prétendants en lice pour la présidence

Le conseil d’administration de l’Institut du monde arabe se réunit ce 17 février pour entériner la démission de Jack Lang et désigner son successeur. Parmi les candidats présélectionnés, Anne-Claire Legendre, Karim Amellal et Olivier Poivre d’Arvor émergent comme favoris, dans un contexte diplomatique tendu.

Cette réunion cruciale marque la fin de l’ère Jack Lang, contraint à la démission après les révélations de l’affaire Epstein, et ouvre la voie à une nouvelle direction pour cette institution culturelle franco-arabe où les pays partenaires arabes auront leur mot à dire.

 

Des profils diplomatiques pour apaiser les tensions, Anne-Claire Legendre tient la corde ministérielle

 

Après treize ans à la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang cède sa place dans un climat de controverse. Ratifié par une enquête du Parquet national financier pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », son départ précipité, annoncé le 7 février, a été suivi de perquisitions à l’IMA et à son domicile le 16 février. Devant ses équipes, Lang a clamé son innocence, affirmant qu’il s’agissait d’une « campagne de calomnie et de lynchage » infondée, tout en justifiant sa démission par le souci de « protéger l’image » de l’institution.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a auditionné lundi trois candidats retenus parmi de nombreuses candidatures spontanées. Anne-Claire Legendre, 46 ans, conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à l’Élysée, se distingue par son expérience au Quai d’Orsay et comme ambassadeur au Koweït. C’est elle qui a été proposée par le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Karim Amellal, 48 ans, ancien ambassadeur pour la Méditerranée, est un spécialiste de l’Afrique du Nord, ayant plaidé pour un dialogue apaisé avec l’Algérie.

Enfin, Olivier Poivre d’Arvor, 67 ans, frère de la vedette déchue de la télévision et actuel ambassadeur chargé des Pôles et des affaires maritimes, apporte un bagage culturel riche, avec une carrière dans l’édition, le théâtre et la direction de France Culture, sans oublier son poste d’ambassadeur à Tunis.

Le choix final repose sur un équilibre diplomatique délicat, impliquant les 22 pays arabes partenaires de l’IMA. La crise franco-algérienne, exacerbée par la reconnaissance française d’un plan d’autonomie au Sahara occidental en 2024, pourrait influencer les votes.

Inauguré en 1987 sous François Mitterrand, l’IMA avec son musée, sa bibliothèque et son centre culturel, a accueilli 750 000 visiteurs en 2023. Son budget, subventionné à hauteur de 12,3 millions d’euros par l’État français, en fait un outil diplomatique et culturel.

La décision du conseil, composé notamment d’ambassadeurs arabes et de figures comme Patrick Pouyanné (PDG de TotalEnergies), pourrait être reportée pour affiner les candidatures. En attendant, ces profils expérimentés promettent une continuité dans les liens culturels franco-arabes, tout en naviguant les eaux troubles de la géopolitique.