Cette alerte collective met en lumière les risques posés par les choix présidentiels récents qui placent des alliés fidèles à des postes clefs, potentiellement au détriment de la neutralité des institutions chargées de veiller sur les deniers publics.
Des nominations de proches pour un président en fin de règne
La nomination d’Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes, effective depuis le 11 février, cristallise les critiques. Pour les signataires de la tribune, dont des conseillers et procureurs honoraires, cette décision révèle « une faille institutionnelle » de la Ve République.
Sans contrôle parlementaire ni critères d’expérience, le président peut orienter l’institution vers ses intérêts, fixant priorités et nominations sans garde-fous. Ils soulignent que l’indépendance de la Cour, garante du bon usage des fonds publics, repose sur une impartialité fragile, aujourd’hui ébranlée par ce « fait du prince ». Les oppositions n’ont pas tardé à réagir.
Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé un danger pour une institution « en laquelle les Français ont confiance », accusant Macron de confondre indépendance et subordination.
Plus virulent, un tweet du Comité Trump France raille : « Finalement, la nullissime Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, c'est passé comme une lettre à la poste ? C'est comme ça que le macronisme détruit, petit à petit, toute chose ».
Même écho chez Les Républicains qui voient dans ces placements une « dérive grave » de fin de règne, transformant des autorités de contrôle en annexes du pouvoir.
L’association d’extrême gauche Attac a lancé une pétition exigeant le retrait de cette nomination, arguant d’un conflit d’intérêts flagrant : Montchalin devra certifier des comptes qu’elle a elle-même gérés.
D’autres nominations, comme celle, potentielle, d’Emmanuel Moulin à la Banque de France, alimentent les soupçons de verrouillage systématique avant 2027.
Les signataires appellent à une réforme : mandat fixe, contrôle parlementaire, et déconcentration des pouvoirs. Sans cela, la Cour risque de perdre sa crédibilité, au moment où la défiance publique envers l’exécutif est à son comble. Des voix macronistes, comme Yaël Braun-Pivet, défendent les compétences de Montchalin, mais peinent à dissiper les doutes sur cette stratégie de placement.