France

Polémique autour des propos de Karine Le Marchand sur CNews : l’Arcom saisie par des députées

L’animatrice de M6, invitée sur CNews le 9 février pour promouvoir son documentaire sur l’immigration, a partagé une anecdote personnelle sur son arrivée à Paris en 1986. Ses déclarations, évoquant une peur initiale face à la diversité, ont suscité des réactions vives, menant à la saisine de l’Arcom par deux élues.

Le 9 février, lors de son passage dans « L’Heure des pros », animée par Pascal Praud, Karine Le Marchand a relaté un souvenir de jeunesse qui a déclenché une controverse, aboutissant à une plainte auprès du régulateur audiovisuel par des parlementaires. La journaliste était pourtant venue présenter un documentaire résolument antiraciste.

Attaques à gauche et soutiens de la journaliste

Karine Le Marchand, figure emblématique de M6 avec des émissions comme « L’Amour est dans le pré », était venue présenter son nouveau documentaire « Les nouveaux Français, 100 ans d’immigration », diffusé le soir même. Au cours du débat centré sur l’intégration et le communautarisme, elle a évoqué son expérience personnelle en arrivant de Nancy à Paris à l’âge de 18 ans. « J’ai vu le RER arriver, j’ai vu tous ces noirs, et tous ces musulmans, enfin ces Arabes, qui sortaient, enfin des gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir parce qu’à Nancy j’étais la seule de mon école à avoir cette tête-là. J’ai fait “Ah”. Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un peu peur. Parce que Paris, c’était particulier », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « Et après, très vite, j’ai pris l’habitude et je n’ai plus eu peur des gens qui avaient des têtes étrangères. »

Fille d’un père burundais et d’une mère française, l’animatrice a insisté sur son parcours biculturel, refusant de choisir entre ses origines. Elle a rappelé que les flux migratoires passés, comme ceux des Italiens ou des Espagnols, ont subi des reproches similaires et que la France a souvent sollicité de la main-d’œuvre étrangère. Interrogée sur l’assimilation, elle a évité de porter un jugement, soulignant : « Ma fille s’appelle Alya, je fais partie de ces 2ᵉ ou 3ᵉ générations qui veulent être françaises mais ne pas nier leurs origines. Pourquoi faudrait-il choisir ? »

La députée Ersilia Soudais a réagi sur X : « Propos racistes de Karine Le Marchand, accueillis par des rires complices. Est-on surpris de cet énième dérapage sur CNews ? Je saisis l'Arcom. »

De son côté, la députée écologiste Léa Balage El Mariky a écrit : « Il va falloir arrêter de nous prendre pour des débiles, Karine Le Marchand. Quand on fricote toute l’année avec l’extrême droite et qu’on vient tenir ce discours sur CNews, on sait très bien ce qu’on fait. Ces propos sont racistes, je saisis l’Arcom. »

D’autres réactions, de soutien cette fois, ont émergé sur les réseaux sociaux, certains défendant la liberté d’expression, d’autres estimant que l’animatrice décrit simplement la situation migratoire de la France.

Cette affaire intervient alors que CNews a déjà été mise en demeure par l’Arcom en 2025 pour des propos sur l’immigration, dans contexte de conflit médiatique ouvert et intense en France depuis l’avènement de la chaîne CNews. Le documentaire de l’animatrice, narré par elle, explore l’histoire de l’immigration en France à travers des faits historiques et des témoignages humains, visant à contextualiser les débats actuels et s’apparente davantage à une fable pro-migratoire qu’à un réquisitoire hostile… Ce qui n’a pas empêché la naissance de la polémique.