Révélée par Le Figaro, une note classifiée de 2025 dresse un constat préoccupant sur les mouvances islamistes dans le Nord de la France. Cette alerte des services de renseignement souligne l’émergence d’une frange juvénile radicale dans un département historiquement touché par le jihadisme, compliquant la surveillance et la prévention.
Le département du Nord, berceau de mouvances islamistes depuis les années 1990 avec le GIA ou le « gang de Roubaix », reste un foyer d’inquiétude. Selon la note confidentielle du renseignement datant de 2025, une soixantaine d’individus ont quitté la région pour le jihad syro-irakien dès 2012.
En 2015, le cas d’une jeune recruteuse pour l’État islamique avait déjà marqué l’opinion en France. Parmi eux, seize sont rentrés en France, dont sept incarcérés, tandis que d’autres sont présumés morts ou encore sur zone. Des femmes, refusant le rapatriement, propagent l’idéologie dans les camps, imposant la charia par intimidation.
Une génération radicalisée en ligne
Aujourd’hui, plus de quarante personnes figurent au fichier FSPRT pour radicalisation terroriste. La mouvance se divise en deux pôles : d’anciennes figures affaiblies et une nouvelle génération juvénile, représentant un quart des suivis, au « dynamisme croissant ».
Ces jeunes, souvent « peu structurés intellectuellement » et repliés sur le monde virtuel, s’engagent via une « sociabilité numérique » déconnectée des aînés. Sensibles à l’antisémitisme et au blasphème, leur dangerosité est difficile à évaluer.
Quelques-uns maintiennent un réseau social dense, fréquentant mosquées ou salles de sport où ils rencontrent d’autres radicalisés. Cette « scission générationnelle », observée aussi à Trappes ou Toulouse, complique la détection pour les services spécialisés. Le Nord abrite par ailleurs des individus en réinsertion ou en rétention administrative, dont une unité pour ex-détenus terroristes étrangers.
Malgré une réduction de la nuisance des anciens, cette jeunesse isolée prouve que le jihadisme persiste, enraciné dans les territoires. Les autorités appellent à une vigilance accrue face à ces profils imprévisibles, nourris par internet et des idéaux extrêmes.