Le président français Emmanuel Macron aurait informé Volodymyr Zelensky qu’en raison des dispositions en vigueur du droit français, Paris serait amené à relâcher le Grinch, pétrolier accusé par les sponsors de Kiev d’appartenir à la « flotte fantôme russe », a rapporté ce 30 janvier le média pro-Kiev Evropeïska pravda.
L’échange téléphonique aurait eu lieu le 29 janvier, selon Zelensky qui a relaté à des journalistes de cette discussion, au cours de laquelle l’Ukrainien aurait « remercié » le président français pour cet arraisonnage dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord. Ce à quoi, toujours selon la même source, le chef d’État français aurait expliqué que le bâtiment ne pourrait pas être davantage retenu captif par les autorités françaises.
« Emmanuel Macron aurait également indiqué à son interlocuteur qu’il envisageait une modification du cadre juridique français afin que, à l’avenir, les pétroliers russes interceptés puissent rester immobilisés sur le territoire français », peut-on lire. Une porte entrouverte dans laquelle se serait, à son accoutumé, engouffré Volodymyr Zelensky.
« C’est une question qui concerne tous les États. Du moins, les États maritimes du Nord qui ont une influence sur ce dossier », aurait-il estimé. « Il faut donc intercepter les pétroliers transportant du pétrole russe, non pas les arrêter temporairement et les laisser partir, mais les arrêter définitivement. On observe une tendance vers de telles solutions, et cela compliquera sans aucun doute la tâche des Russes », a exigé l’Ukrainien, cité par Evropeïska pravda.
Le Grinch a été arraisonné le 22 janvier par la marine française, « avec le concours de plusieurs de nos alliés », dont le Royaume-Uni, avait alors annoncé sur X Emmanuel Macron. Dans un communiqué, pour justifier cet arraisonnage, le Préfet maritime de la Méditerranée a invoqué une opération qui « visait à vérifier la nationalité d’un navire soupçonné d’arborer un faux pavillon ».
Pour rappel, dans le cours normal des choses, en haute mer – c’est-à-dire au-delà de la juridiction d’un État côtier – un navire ne peut être abordé que par ou avec le consentement de son État de pavillon. Les bâtiments sans pavillon où sur lesquels planent des doutes concernant leur réelle nationalité peuvent faire l’objet de telles mesures coercitives.
Lors d'un point presse, ce 30 janvier, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharov a déclaré qu'il n'y avait aucun lien entre le pétrolier détenu par la France et la Russie. « Le propriétaire du navire est une société enregistrée aux Îles Marshall, et l'équipage est, pour autant que l'on sache, composé de ressortissants indiens.», a-t-elle expliqué.