Le procès retentissant du sénateur centriste Joël Guerriau met en lumière une affaire de soumission chimique impliquant deux figures politiques de Loire-Atlantique, où l’ex-sénateur maintient une défense centrée sur un acte d’inadvertance, face aux accusations graves portées par la députée MoDem. L’affaire se déroule alors que de nombreuses voix révèlent la consommation de drogue dans le milieu parlementaire.
Lors de l’audience du 26 janvier, Joël Guerriau, 68 ans, a réitéré sa version des faits : attristé par une période difficile, incluant des crises d’angoisse et la perte de son chat, il aurait acquis de la MDMA via un collègue sénateur, dont il refuse de révéler le nom, pour un usage personnel.
Selon lui, il versa la substance dans une coupe de champagne la veille des faits, puis l’oublia et la servit par erreur à Sandrine Josso lors d’un dîner amical pour célébrer sa réélection au Sénat.
Des révélations troublantes au tribunal
La députée, seule invitée ce soir-là du 14 novembre 2023, a décrit un calvaire : un champagne au goût « gluant », des symptômes violents comme des palpitations, des nausées et des tremblements, la menant à l’hôpital où des analyses révélèrent 388 ng/ml de MDMA dans son sang, un taux élevé.
Elle affirme avoir vu Joël Guerriau manipuler un sachet et l’avoir trouvé insistant, jouant avec les lumières et proposant un « tour de magie » aux connotations sexuelles, comme l’explique le journaliste Antoine Blanchet présent à l’audience.
Pour elle, il s’agissait d’une tentative d’abus visant à « assouvir un fantasme ».
Les perquisitions ont confirmé la présence de MDMA chez l’accusé, ainsi que des recherches en ligne sur les « drogues du violeur », les effets du GHB et de l’ecstasy, datant d’octobre 2023. Guerriau les qualifie d’« anecdotiques », liées à sa curiosité parlementaire, et admet une « faute grave » mais nie toute intention. « Je suis un imbécile », a-t-il déclaré, s’apitoyant sur son sort : « Je souffre aussi énormément. »
Interrogé sur ses revenus comme retraité, l’ancien sénateur admet, penaud : « Je dois le dire publiquement ? […] 6 000 euros de retraite. »
Exclu d’Horizons et de son groupe sénatorial, Guerriau a démissionné en septembre 2025, invoquant un engagement antérieur. L’affaire a provoqué une mission gouvernementale sur la soumission chimique, pilotée par Josso elle-même, aboutissant à 50 propositions en mai 2025. Les réquisitions et plaidoiries sont attendues ce 27 janvier, avec des peines potentielles pour détention de stupéfiants et administration de substance nuisible.